Cours Terminale L Gouverner la France depuis 1946 (Partie I)

Gouverner la France depuis 1946. 
État, gouvernement et administration. 
(Première partie)

(Le sujet du cours est introduit à la manière d'une dissertation. On commence, du coup, par se poser des questions sur le sens des mots, des termes, du sujet)

  1. Analysez le sujet

Première étape : il s'agit, comme à chaque fois, de définir les termes du sujet.

 

D'abord : Gouvernement. Au sens large, le gouvernement : c’est la direction politique d’un état. 
Mais ici, dans un contexte d'histoire politique, le terme renvoie aux personnes qui ont
 exercé ou exercent le pouvoir exécutif. En sciences politique, et en histoire politique 
ont restreint le sens de gouvernement à ce cadre finalement assez réduit. 

Et c'est la définition, par exemple, que Pierre Rosanvallon donne du mot dans son 
ouvrage Le Bon Gouvernement, paru au Seuil en 2015.  
(N'hésitez pas à lire du Pierre Rosanvalon, c'est l'un des historiens et chercheurs en 
sciences politiques contemporains les plus consensuels, il est enseignant au collège 
de France)

Dès lors, relié ici au terme gouverner, le mot gouvernement nous invite à analyser
les manières, les façons de faire, les recettes du pouvoir : comment les personnes 
membres du gouvernement et particulièrement les différents présidents de la 5e République
 ont exercé leurs fonctions et l'exercent aujourd'hui. Donc, le sujets nous invite bien à 
mettre au cœur de notre étude les continuités et les ruptures

Par ailleurs ayez en tête la Constitution de la Ve République (1958), le gouvernement 
y est constitué par l’ensemble des ministres et des secrétaires d’état. Le gouvernement 
est dirigé par le premier ministre, nommé par le président de la République

Deuxième champ d'investigation : L’État. Ltat est à entendre comme l’ensemble des pouvoirs publics régissant la République
autrement dit l'ensemble des institutions de la République. 

Le gouvernement est ainsi inclue dans l'État. L'État constitue le tout, le gouvernement 
la partie.

Quand à l’administration. Le terme est à comprendre comme l’ensemble des services
de l’État, c’est-à-dire les services (et leurs responsables) de la fonction publique
(les personnels exécutants de l’exécutif). 
Une fois ces mots définis, on peut s’étonner de l’absence des députés (les élus de l'Assemblée Nationale, le cœur du pouvoir législatif) et le Sénat (les deux assemblées votent les lois). Pourquoi cet mise à l'écart, car la Ve République est surtout un régime présidentiel.

Et tout de suite émerge un paradoxe : entre la diversité des régimes qui gouvernent 
la France entre 1939 et 1945 et la continuité de l'action publique. En effet, cinq régimes se succèdent entre 1939 et 1958 en France : la Troisième République, l’état français du maréchal Pétain, le Gouvernement Provisoire de la République Française dirigé par le Général De Gaulle, puis les IVe et Ve républiques. 

Et face cette l’instabilité, on est frappé par la continuité de la gouvernance, des 
manières de gouverner : continuité de la direction des guerres (en Indochine 1947 
à 1954, en Algérie de 1954 à 1962), crises parlementaires et sociales répétées mais 
incapables d'ébranler vraiment les principes républicains dominants. 

On comprend alors que le sujet a pour but final de nous faire explorer ce paradoxe entre continuité de la gouvernance (les manières de gouverner) de l'État et ruptures et instabilité des gouvernements (valse des personnels politiques, des régimes et crises politiques). 

(Vous constatez que nous en profitons pour introduire le terme de "gouvernance". Le terme gouvernance désigne l'ensemble des manières de gouverner. En d'autres termes c'est un synonyme du sens large de gouvernement. Il permet d'éviter les confusions entre les deux sens de gouvernement. Le terme de gouvernance, très populaire aujourd'hui, on parle régulièrement de gouvernance mondiale, de gouvernance européenne, est apparu dans la sociologie des entreprises aux États-Unis dans un ouvrage fondateur de Ronald Coase, « The Nature of the Firm » (1937). Par ailleurs l'usage du terme gouvernance permet de se centrer sur les manières de gouverner, tous en restant flou sur les acteurs. Ainsi le terme de gouvernance s'adapte bien au cadre actuel très instable ou émergent de nouveaux acteurs en permanence : ONG, firmes transnationales, mouvements terroristes très évanescents mais aux capacités d'actions importantes).


Une fois les mots définis et les interactions entre ces mots, comprises, il s'agit de donner une problématique au sujet, puis un plan.

La problématique doit mettre en valeur le paradoxe vu et donc jouer sur la continuité et les ruptures, l'unité derrière la diversité des régimes

Problématique possible : À partir de 1946, comment, au sein des républiques, la distribution des rôles et des pouvoirs entre le gouvernement et l’administration, a permis le maintien de la continuité des principes républicains ? Et néanmoins avec quelles crises ? 
Accroches possibles : 
La crise des Gilets jaunes, mai 68, la Guerre d’Algérie, on présentera un exemple et on 
montrera surtout qu'aucune de ces crises et pas même celle qu'on a explorée en accroche 
n’a permis de mettre à mal durablement la République. 

Le plan, un plan chronologique.
Ici le plan chronologique s’impose. Trois ruptures : La crise de 1958 qui met fin à la 
quatrième République, la fin de la République gaullienne (1968-1969) et les différentes 
mutations du régime après le départ puis la mort de De Gaulle.

I/ La quatrième république (1946-1958) : une république instable et fragile dont la stabilité fut assurée par ses administrateurs.
a/ Une République de la valse parlementaire qui n’a pas été sans action, grâce, entre 
autres, à une administration volontariste.
b/ La valse ministérielle : une caractéristique de la quatrième République.
c/ Une république balayée par la crise coloniale.

II/ La cinquième république première période (1958-1969)
a/ Une république voulue et dessinée par le général de Gaulle. 
b/ La période de république gaullienne (1958-1969)
c/ La crise des années 1968-1969

III/ La cinquième république après le De Gaulle : une république de plus en plus présidentielle : enjeux et défis (1970-2020). 
a/ Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing : les suiveurs de la tradition gaullienne.
b/ François Mitterrand et Jacques-Chirac : Les présidents de la cohabitation.
c/ Un régime de plus en plus présidentiel.


I/ La quatrième république (1946-1958) : une république instable et fragile dont la stabilité fut assurée par ses administrateurs.
a/ Une république parlementaire née d'un compromis fragile.

(Il s'agira ici de montrer, derrière l’instabilité des élus, la stabilité du régime, rendue possible par ses grands cadres républicains)

Un exemple éclairant, en juin 1958 est publié, dans la collection « Tribune libre » de Plon 
un ouvrage Sur quelques maladies de l’État, publié par René Massigli. Le livre tire un 
bilan très critique du fonctionnement de l’appareil d’État sous la IVe République. 
L’auteur du livre est René Massigli, un serviteur de l’État de très grande envergure 
et dont on doit mettre en lumière la carrière, marquée par la longévité : entré en 1921
 dans la carrière diplomatique, il fut, au cours des années trente, directeur adjoint puis 
directeur des affaires politiques au ministère des affaires étrangères. Ambassadeur en 
Turquie, il rejoint la France libre, qui en fait à partir de la mi-1943 son commissaire 
(c’est-à-dire son ministre) aux affaires étrangères. Nommé à la Libération ambassadeur 
à Londres, il y passe plus de dix ans avant de devenir, entre 1955 et 1956, secrétaire 
général du ministère des affaires étrangères. René Massigli est l’exemple même de 
l’homme d’expérience au service de l’état. Né en 1888, il a servi l’ensemble des 
régimes du siècle et depuis son observatoire du Quai d’Orsay, il dresse dans son 
ouvrage de 1958 un tableau critique de la IVe République. La carrière de Jean Massigli,
 cité par Vincent Duclert historien politique de la République, auteur avec 
Marc-Olivier Baruch d’un ouvrage de référence Serviteurs de l’État peut-être une 
bonne accroche également. 

I - La IVe République, une république marquée par l’instabilité gouvernementale, 
portée par ses administrateurs. 

  1. Une République de la valse parlementaire qui n’a pas été sans action, grâce, 
    entre autres, à une administration volontariste.

 
Jean Sennep, dessin paru dans Le Figaro le 9 septembre 1948 représentant le 
président Vincent Auriol tentant de former un gouvernement.

1. Présentez le dessin.Qui est Jean Sennep?  
2. Qui est ici représenté? Quelle a été sa carrière politique (utilisez internet)? Quel poste occupe-t-il en 1948?
3. Que Sennep choisit-il de moquer ici? Par quel moyen?

1983, l'historien politique Jean-Pierre Rioux estimait que « les Français pourraient peut-être admettre enfin que ce régime faible et méprisé n'a pas tout à fait démérité ». 

La Constitution parlementariste qui accompagne la reconstruction du pays est marquée par la valse des gouvernants. 

Le rétablissement de la République en France après la Libération de 1944, s’était accompagné d'un débat constitutionnel passionné (deux assemblées constituantes se sont succédées, il y a eu trois référendums).

En octobre 1946, les Français lassés adoptent enfin sans enthousiasme et de justesse (plus de 30 % d'abstention et 53 % seulement de oui) une nouvelle constitution.

Œuvre d’un compromis entre le PCF, la SFIO et le MRP, la constitution est rejetée par 

de Gaulle lors de son discours de Bayeux, en 1946. La constitution de la IVe République, 

votée en 1946, donne à l’Assemblée nationale un contrôle absolu sur le gouvernement. 

Les gouvernements, responsables devant l’assemblée nationale, peuvent être balayés par 

une simple motion de censure ou par l’absence de renouvellement de la confiance au

 gouvernement. Il s’installe par ailleurs l’habitude pour les gouvernants de démissionner 

face à un vote de censure prononcé à la majorité relative. Les gouvernements 

deviennent ainsi très instables.

Issu de la majorité parlementaire, le président du Conseil met en œuvre la politique 
négociée par les députés, son gouvernement est responsable devant eux. 
Le président de la République incarne, quant à lui, la Nation, son rôle est plus en retrait. 
Les présidents successifs se refusent à mobiliser le droit de dissolution.
24 gouvernements se succèdent de 1947 à 1958, leur durée est très inégale 
(d’un jour à 16 mois). Avec l'adoption du scrutin proportionnel, aucun parti ne 
disposait de la majorité à l'Assemblée et les coalitions fragiles ad hoc se font et 
se défont au gré des circonstances.
Des gouvernements démissionnent même au bout de quelques jours ou au bout 
de quelques semaines, sans avoir été renversés par une véritable motion de censure, 
mais simplement car ils n'arrivent pas à faire voter par l'Assemblée les lois qu'ils 
jugent indispensables.
Les tentatives de réformes amorcées par Mendès-France en 1954 échouent à stabiliser le régime (fin de la double investiture des gouvernements, ministres désormais choisis et responsables devant le premier ministre et non les chefs de partis, mise en avant de jeunes personnalités politiques, de techniciens). 
En 1947, dans le contexte de la Guerre Froide, les ministres communistes sont 
exclus du gouvernement, supprimant tout soutien aux divers gouvernements 
d’une force politique majeure. Le rejet dans l'opposition, des communistes 
(le PCF est le premier parti de France en voix, fixant 1/4 de l'électorat 
durant toute la IVème République) et des gaullistes (RPF premier parti de 
France en sièges en 1951), ne permettait pas la formation de majorités fortes et stables.
  1. Une administration moderne et interventionniste.

Dès 1945, l’École nationale d’administration (ENA) assure la formation d’une haute 
fonction publique volontariste et renouvelée. L’année suivante, le statut général des
fonctionnaires dote l’État d’une administration puissante et stable. A contrario de la valse des ministres, la stabilité des fonctionnaires permet une certaine stabilité de l’appareil des services.
L’administration appuie l’intervention publique dans l’économie. Les secteurs clés 
(énergie, transports, banques et assurances) passent sous le contrôle de l’État : 
nationalisation des mines en 1946, création de grande régies publiques (Tabacs, 
Régie Renault) Parallèlement, une planification incitative fixe objectifs et priorités.
De 1947 à 1952, le premier plan de modernisation et d'équipement ou Plan Monnet
oriente les efforts de la reconstruction en l'inscrivant dans la perspective d'une croissance
 à plus long terme en privilégiant les secteurs du bâtiment et de l’énergie.
Le 2ème Plan ( 1954-1957 ) s'est élargi à d'autres secteurs et a ébauché les premières 
actions d'aménagement rural et de décentralisation industrielle. En 1957, le traité de Rome fonde la CEE. 
Stratégiquement la France est devenu un quasi-protectorat américain, l’aide américaine 
(plan Marshall) participe à redresser le pays mais la politique étrangère de la France 
s’appuie totalement sur la politique stratégique américaine. Plusieurs bases américaines
 accueillent des soldats américains en France, comme à Châteauroux (dans l’Indre). 
Seule exception, l’opération menée conjointement avec l’armée anglaise et israélienne 
sur le canal de Suez en 1956. 
http://www.france-air-otan.net/CONTENU/CHATEAUROUX/Images/D%C3%A9ols%201.JPG 
Carte postale de la base aérienne américaine de Châteauroux-Déols en 1955.  
Un petit bout d'Amérique dans la France de René Coty. Gérard Depardieu parle 
régulièrement en interview de son enfance à Châteauroux et de l'attraction que 
constitue alors la base américaine (dont les bâtiment sont toujours visibles aujourd'hui). 
1. Comment le photographe met-il l'accent ici sur la présence américaine? 
Par quels éléments mis en avant? Quel cadrage?

La construction de l’état providence

La quatrième République finalise la création de la Sécurité sociale (1945) crée 
l’office nationale des HLM (habitations à loyer modéré) en 1950 pour mettre en place 
une politique nationale volontariste du logement. La scolarité obligatoire est prolongée
jusqu’à 16 ans. Un sous-secrétaire d’État chargé de la jeunesse et des sports, 
sur le modèle du ministère de Jean Zay lors du Front Populaire (1936) est créé. 
Malgré les grandes grèves (mines, transports) de la fin des années 1940 
(grandes grèves des mineurs de 1948) ou le mouvement de Pierre Poujade 
(mouvement pro-artisans populiste) la République est déstabilisée mais ne sombre pas. 
Création du salaire minimum en 1950 (SMIG).
1. Qui est Pierre Poujade? Quel a été son parcours et qui l'encadrent dans son mouvement?  
2. Quels sont les principes de son mouvement? 
3. Quel parti politique peut apparaître aujourd'hui comme mouvement héritier du 
"poujadisme"?
  1. Une République balayée par les questions coloniales.
La IVe République privilégie les colons en Algérie et laisse le nouveau statut de 1947, 
qui met fin définitivement aux mesures du code de l’indigénat, devenir lettre morte. 
L’Union Française qui remplace l’Empire colonial français ne change rien à la situation.  
Après des tentatives de négociations en Indochine c’est le parti de la guerre qui l’emporte, 
jusqu’à la défaite de Dien Bien Phu en 1954. Mohamed V le sultan du Maroc, 
favorable à l‘indépendance est déporté.

Jean Eiffel, dessin paru dans l’Express le 19 septembre 1958. De gauche à droite : le Général Massu, le Général De Gaulle, le président du Conseil Félix Gaillard et 
Guy Mollet le secrétaire général de la SFIO.

En 1958 ont lieu de grandes manifestations favorable au maintien du régime colonial. 
S'en suit un coup d’état militaire à Alger avec création d’un comité de Salut Public. 
L'homme fort d'Alger est alors un militaire, le Général Massu allié au Général Salan. 
Ils prennent le pouvoir en Algérie et préparent un coup de force en France. 
Les insurgés adressent dans le même temps un ultimatum au Président de la 
République René Coty. L'instabilité ministérielle, l'impuissance et les atermoiements 
de la IVe République face à la question algérienne, véritable guerre démarrée 
par l'insurrection le 1er novembre 1954, conduisent le régime à une crise grave. 
Des responsables politiques de tous bords en viennent à souhaiter le retour du 
Général De Gaulle, lui même entretient des liens avec les généraux d'Algérie.
Au sein du Comité de Salut public fondé à Alger le 13 mai 1958, Sallan et Massu 
font acclamer son nom. Le 19 mai, De Gaulle se dit “prêt à assumer les pouvoirs 
de la République”. Il est finalement appelé au pouvoir le 1er juin 1958.

« Dans le péril de la Patrie et de la République, je me suis tourné vers le plus 
illustre des Français, vers celui qui, aux années les plus sombres de notre histoire, 
fut notre Chef pour la reconquête de la liberté et qui, ayant ainsi réalisé autour de
lui l’unanimité nationale, refusa la dictature pour rétablir la République. » 
Message du président René Coty au Parlement le 29 mai 1958.

1. Quels éléments met en avant René Coty pour justifier l'appel à De Gaulle? 
2. Quel épisode du début de la deuxième guerre mondiale vous rappelle cet extrait d'allocution? 
3. Du coup, quels ont été les arguments de l'opposition à De Gaulle? Quelles craintes a-t-il cristallisées, celles-ci ont-elles été réalisées? Pourquoi? Faites des hypothèses et utilisez internet pour compléter.

Option Géopolitique - LA PUISSANCE CHINOISE, DE LA CONSTRUCTION À L'AFFIRMATION

Dessin de Glez, Burkina Faso, 2019
Le 3 juin 2019, à la veille du trentième anniversaire des massacres de la place Tiananmen, date du début de la répression de plusieurs mois qui avaient suivi ces massacres et fait plusieurs milliers de morts, plusieurs médias occidentaux comme RFI, l’Agence France Presse ou encore Courrier International pointaient du doigt les manoeuvres du gouvernement chinois et des officiels chinois à l’étranger (en premier lieu les ambassadeurs) pour éviter que le souvenir des massacres soit évoqué ou commémoré à l’étranger. Ainsi, le gouvernement de Xi Jinping n’hésite plus à prôner l’amnistie pour que “le peuple aille de l’avant” voir à justifier “une réponse correcte” et à tancer chaque collectivité locale étrangère qui tente de dresser sur son territoire un monument à la mémoire des personnes défuntes en juin 1989 à Pékin. Ainsi les autorités chinoises ont dénoncé rétroactivement la construction d’un monument des massacres de Tiananmen en Pologne en 1999 comme “inopportun et regrettable”. Si entre 1990 et 2010, la contestation de la répression semblait incontestable en Occident, le président français F. Mitterrand avait ainsi déclaré en juin 1989 au sujet des événements “un régime qui mitraille sa jeunesse n’a pas d’avenir”, depuis 2010, face à la puissance toujours imposante de la Chine, certains pays comme le Canada ou l’Australie, qui avaient largement dénoncé la répression dès l’été 1989, sont plus silencieux. Ce pays, autrefois colosse démographique aux pieds économiques et politiques d’argile s’impose comme un acteur central de la scène géopolitique mondiale depuis la fin des années 2000. Mais quels sont les facteurs de la puissance chinoise? Et quelles peuvent en être les limites? 
1. La Chine, troisième puissance mondiale
a. Une croissance économique exceptionnelle
Jusqu’au début des années 80, la Chine impressionne par son poids démographique et inquiète peu militaire autrement que dans la sphère asiatique. L’influence de la pensée politique chinoise, portée par les courants politiques maoïstes nombreux dans les années 1960 en Europe de l’Ouest (première publication du petit livre rouge de Mao en 1966) s’épuise dès 1975.  
La situation change au lendemain de la mort de Mao Zedong, le 9 septembre 1976, quand le parti communiste chinois, décide, tout en maintenant son contrôle politique sur la société par le maintien d’un régime communiste à parti unique, d’ouvrir partiellement l’économie nationale aux capitaux étrangers, au libéralisme et aux échanges mondiaux.
Cette politique de réformes, voulue et contrôlée par l’Etat, constitue un modèle de développement original.
Depuis trois décennies, la Chine connaît une croissance économique de l’ordre de 9 à 10 % par an, ce qui est considérable. Elle produit une grande partie des produits de consommation courante bon marché : vêtements, chaussures, jouets… Mais elle produit aussi des tracteurs, des téléphones portables, des lecteurs MP3, des ordinateurs portables et des téléviseurs.
Des « villes ateliers », spécialisées pour la plupart, sont réparties sur tout le littoral. Ainsi Suzhou produit 65 % des souris d’ordinateurs commercialisées dans le monde. Dans le secteur recherche et développement la Chine se situe au troisième rang derrière les Etats-Unis et le Japon.
Les infrastructures nécessaires à cette croissance ont fait l’objet de programmes ambitieux dans le domaine des télécommunications (Internet et téléphonie mobile), des équipements de transports (ports, aéroports et réseau ferré) sans oublier les réalisations gigantesques comme le barrage des trois gorges.
Dans l’enseignement supérieur, près de mille trois cents universités forment chaque année un demi-million d’ingénieurs.
b. Une grande puissance politique
Les accords qu’elle a signé pour la gestion des ressources en mer de Chine, sa participation au sommet de l’ASEAN en décembre 2005 en font une puissance locale incontournable.
Mais c’est aussi une puissance internationale : elle est l’un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU et dispose à ce titre d’un droit de veto. Elle pèse également sur la scène internationale par son poids démographique, sa puissance militaire (elle dispose de l’arme nucléaire) et ses succès dans la conquête spatiale (le premier vol spatial habité date d’octobre 2OO3).
La participation des troupes chinoises aux opérations de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU (Haïti, Timor oriental, Liban, Soudan, Libéria et République démocratique du Congo) assoit son rôle international. L’organisation des jeux olympiques en 2008 conforte son poids grandissant de troisième puissance mondiale (depuis 2007).

c. Un mode de développement original
De 1949 à la fin des années 70, le maoïsme, régime marxiste-léniniste dogmatique, a mené plusieurs fois la Chine au bord du désastre, notamment entre 1958 et 1961, période du « Grand bond en avant » qui est accompagnée d’une terrible famine.
A la fin des années 70, Deng Xiaoping engage son pays dans une politique d’ouverture au monde, de modernisation de l’économie et encourage l’initiative individuelle. A la fin des années 80, les entreprises privées, chinoises ou étrangères, sont invitées à jouer un rôle essentiel dans le développement économique. Et dans ce nouveau contexte, ce sont les classes moyennes et non prolétariennes qui constituent la priorité du régime.
Jiang Zemin puis Hu Jintao renforcent cette orientation nouvelle. Ainsi, c’est le parti communiste chinois, seul autorisé, qui a engagé le pays dans la voie du libéralisme économique.

2. La Chine dans la mondialisation
a.  Une façade maritime dynamique
La bande côtière de la mer de Chine, de Shenyang à Guangzhou est la façade maritime la plus active du monde. Shanghai est devenu en 2005 le premier port du monde et six autres ports chinois figurent dans les dix premiers du monde pour un total de 1650 millions de tonnes en 2006. Ces ports disposent d’équipements ultramodernes notamment pour la gestion des conteneurs et les aménagements industrialo-portuaires sont particulièrement importants.
Cette façade concentre 6o % de la production industrielle, reçoit 85 % des investissements étrangers et assure 90 % des échanges extérieurs. Trois aires métropolitaines particulièrement importantes émergent de cet ensemble : Beijing-Tianjin, Shanghaï-Hangzhou et Guangzhou-Hong kong. Shanghai apparaît de plus en plus comme une ville-monde avec le quartier nouveau de Pudong, véritable centre décisionnel ou le port en eau profonde en construction sur les îles Yangshan reliées à la côte (à Guoyan) par un pont maritime de trente-deux kilomètres.
b. Un État attractif
La Chine est devenue en trente ans l’atelier du monde, ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs :
- la présence d’une main-d’œuvre nombreuse, qualifiée, travailleuse et peu coûteuse ;
- l’existence de ZES (Zones Economiques Spéciales) répandues surtout au sud du littoral mais qui s’étendent aujourd’hui vers l’intérieur, ces zones offrent une fiscalité particulièrement attractive dont ont cherché à profiter de nombreuses entreprises étrangères ;
- la présence d’un marché énorme intérieur : avec 1,3 milliard d’individus, il est le plus important de la planète.
La mainmise du parti communiste sur le fonctionnement de l’Etat et sur les orientations économiques garantit une grande stabilité dans les objectifs de développement et une totale paix sociale. Enfin la présence de la grande place bancaire et boursière que constitue Hong Kong place les entreprises implantées en Chine au cœur de la mondialisation financière.
c. La puissance des échanges
En 2001, la Chine est devenue membre de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Cette adhésion a multiplié presque par trois ses échanges avec le reste du monde. Ses principaux partenaires commerciaux sont les autres Etats d’Asie, les Etats-Unis et l’Union Européenne. Le volume total des exportations s’établit à 683 milliards de dollars et les importations à 597 milliards de dollars (chiffres 2005). La balance commerciale est donc excédentaire de 86 milliards de dollars.
Aux exportations on trouve toute la gamme des produits manufacturés, notamment de haute technologie mais aussi un volume important de contrefaçons. Aux importations des matières premières, des produits énergétiques, en particulier du pétrole et des produits alimentaires.
La Chine est aussi un récepteur privilégié d’IDE mais inversement les investissements chinois à l’étranger ont été multipliés par 10 entre 1990 et 2003. Les pays en voie de développement, en particulier d’Afrique sont la cible privilégiée des capitaux chinois.
3. Les inégalités régionales
a. La Chine maritime
C’est le cœur économique de la Chine. Le salaire horaire y est de 30 à 50 % supérieur aux autres régions et la croissance du PIB deux fois plus importante. Cette Chine maritime abrite près d’un tiers de la population chinoise, c’est là que se développe une bourgeoisie entreprenariale et une classe moyenne aisée avide de consommation et en quête d’occidentalisation : entreprises de restauration rapide et night clubs séduisent de plus en plus une jeunesse en rupture avec la culture traditionnelle.
Avide de voyages à l’étranger (20 millions de touristes sortants en 2004), ces classes moyennes représentent entre 130 et 200 millions d’individus.
 
Une classe moyenne en extension
b. Les régions intérieures peuplées
Shaanxi, Sichuan, Hunan et Yunnan représentent la Chine de l’intérieur, peuplée, largement agricole mais avec des pôles industriels en rapide développement (Chengdu et Chongqing) car la main-d’œuvre y est encore moins coûteuse que sur la façade maritime.
Wuhan, ancien gros centre sidérurgique a été choisi par le groupe français PSA pour y installer son usine, accompagné de ses équipementiers. C’est de cette Chine de l’intérieur que proviennent les migrants qui s’emploient sur les chantiers des grandes métropoles dans des conditions de travail, de salaires et de logement bien éloignées de l’idéal socialiste, soumis à la précarité et exploités.
La fracture sociale se creuse de jour en jour entre ceux qui profitent du miracle économique et les laissés-pour-compte. L’indice de Gini, qui mesure les écarts de revenus, s’établit à 0,47 ce qui fait de la Chine un pays particulièrement inégalitaire.
c. La Chine de l'Ouest
Elle cumule tous les handicaps et reste à l’écart du processus de développement. Le PIB par habitant y est quatre à cinq fois inférieur à celui de la façade littorale. Peu peuplée, la région autonome du Xingjiang constitue un réservoir d’espace et de matières premières, du pétrole principalement.
Mais peuplée à 50 % de peuples musulmans, Ouïgours, Kazakhs, Ouzbeks et animée de mouvements séparatistes elle fait l’objet de la part du pouvoir central d’une attention particulière.
Cette région accueille les camps de travaux forcés et depuis 1961, elle est le théâtre (LopNor), des quarante-six essais atomiques recensés. La pollution nucléaire y est massive, c’est un véritable désastre écologique.
Le Tibet est également une région autonome mais le gouvernement régional, auquel s’oppose le gouvernement tibétain exilé en Inde depuis 1959, est totalement inféodé à Beijing. Le gouvernement central considère cette région comme nécessaire à sa sécurité et met en avant les avantages dont bénéficie ce territoire : santé et éducation gratuites, désenclavement (depuis 2007, liaison ferroviaire en wagon pressurisés de Golmud, seconde ville du Qinghai, à Lhassa).
 
Manifestation à Paris en faveur de l’indépendance du Tibet
L'essentiel
En 2007, la Chine devient la troisième puissance mondiale. Elle assoit sa puissance économique sur une main-d’œuvre peu coûteuse et une production de masse de produits industriels et manufacturés en tous genres, acier, textiles, électroménager, produits de haute technologie, machines outils et véhicules. La plus grande partie de cette production est exportée et la balance commerciale est largement excédentaire.

Ses principaux partenaires commerciaux sont les autres pays d’Asie, les Etats-Unis et l’Union européenne. Ce développement économique associe dirigisme étatique et libéralisme. Pour autant, la Chine n’est pas une démocratie et les droits de l’homme n’y sont pas respectés.

THEME 2 - Géographie classe de quatrième - l’adaptation du territoire des États-Unis aux nouvelles conditions de la mondialisation

THÈME 3 - L'ADAPTATION DU TERRITOIRE DES ÉTATS-UNIS AUX NOUVELLES CONDITIONS DE LA MONDIALISATION

A. LES ÉTATS-UNIS : "CHAMPION DU CONTINENT AMÉRICAIN"

Problématique : Les États-Unis d'Amérique dominent économiquement le continent américain et même la planète mais quels sont les facteurs de cette domination mondiale? 

En premier lieu les États-Unis sont un géant économique. 

Document 1. Carte PIB par habitant
Document 2. Carte des peuplements


Avec un PIB nominal de 19 000 milliards de dollars les États-Unis représentent le premier espace de production de richesses du monde. 

Secondement les États-Unis sont un géant démographique. 

Document 3. Les grandes villes américaines


QUESTION : Où sont localisés les grandes villes américaines? Pourquoi?

Avec 327,2 millions d'habitants, les États-Unis représentent la 3e population mondiale, largement derrière la Chine (1,38 milliard) et l'Inde (1,35 millard) mais loin devant la France par exemple (66 millions d'habitants).

L'espace américain est étendu et riche en ressources.

L'espace américain, avec 9 millions de km2, est le troisième pays par la taille.

Document 4. Le riche sous-sol des États-Unis


Les États-Unis sont la première puissance militaire et culturelle mondiale. 

Document 5. Les différentes flottes océaniques américaines, clefs des multiples alliances et interventions américaines dans le monde
  
QUESTION : En vous appuyant sur cette carte, donnez les éléments, sur terre comme en mer, qui appuient l'idée d'une puissance militaire américaine mondiale?

Document 6. Un Mac Donald's au Japon.

Document 7. Un soldat américain dans des montagnes afghanes en 2002 

B. LES ÉTATS-UNIS : L'ADAPTATION PERMANENTE?

Document 1. L'Apple Park (le siège social de l'entreprise Apple) à Cupertino en Californie. 


Question : Comment s'incarne la richesse et la puissance de l'entreprise Apple ici? 

Document 2. Les immenses friches industrielles de la ville de Détroit dans la "manufacturing belt".











 

THÈME III - LA FRANCE ET L'EUROPE AU XIXE SIÈCLE IV -

THÈME III - LA FRANCE ET L'EUROPE AU XIXE SIÈCLE IV - CONQUÊTES COLONIALES ET INÉGALITÉS

PROBLÉMATIQUE - En quoi la conquête de nouveaux territoires par les puissances européennes a-t-elle conduit à la formation de sociétés coloniales injustes, inégalitaires?

A - La conquête de territoires immenses par les états européens au XIXe siècle

L'industrialisation des pays européens s'accompagne d'une croissance démographique importante. 

Mieux nourris par une production agricole en hausse (utilisation d'engrais performants, nouvelles semences et nouvelles espèces cultivées comme le maïs ou la pomme de terre qui enrichissent l'alimentation des populations) mieux soignés grâce aux progrès de la médecine (vaccination, meilleure hygiène) et mieux éduqués (meilleure hygiène) grâce aux politiques d'éducation nationales, qu'au cours des siècles précédents, la population européenne double entre 1800 et 1900 (elle passe de 200 à 400 millions d'européens).

Nombreuses et bien équipées, les armées européennes (canons à percussion centrale, navires cuirassés à vapeur, fusils à répétition) se rendent maîtresses de territoires indépendants extra-européens mais aussi d'anciennes colonies alors aux mains d'états dont le pouvoir s'effondre (par exemple: l'Algérie, ancienne possession ottomane, est conquise par les armées françaises à partir de 1830 sans intervention ottomane pour s'y opposer). 

B - Mais la conquête coloniale ne se fait pas sans résistance 

Un personnage en particulier incarne la résistance algérienne à l'invasion, l'émir Abd-El-Kader (1808-1883) qui organise la résistance à l'invasion française à partir d'Oran puis de l'intérieur du pays de 1831 à 1847.  

La prise de la smala d'Abd-El-Kader par le duc d'Aumale (fils du roi Louis-Philippe) à Taguin, en Algérie, le 16 mai 1843, par Horace Vernet, 1843 (détail) . Le duc d'Aumale est visible à droite, sur son cheval blanc.


Louis-Napoléon Bonaparte (neveu de Napoléon Ier et futur Napoléon III empereur des Français à partir du 2 décembre 1852) alors prince-président de la Deuxième République  annonce à l'émir Abd-El-Kader sa libération en octobre 1852, huile sur toile par Ange Tissier, vers 1860.

Une autre figure de la résistance à la colonisation, Samory Touré (1830-1900). 

 Samory Touré



Chef de guerre d'origine bambara-mandingue (né dans la future Guinée) et converti à l'Islam, il est le fondateur de l'empire Wassoulou qui s'oppose à la domination française entre 1878 et 1898 dans toute l'Afrique de l'Ouest. Capable de réunir sous son autorité des populations diverses, de commercer et de négocier avec les Anglais du Sierra Leone pour obtenir des armes auprès contre les Français, il exige néanmoins la fourniture régulière de captifs aux populations animistes qu'il a soumis, ce qui le rendra impopulaire, particulièrement en Côte d'Ivoire.  

  
L'Empire Wassoulou vers 1885

 Cavaliers du sud du Sahara, pays mandingue (fin du XIXe siècle)


Femme mandingue du Sénégal (haut) et du Mali (bas), années 2000


C - La mise en place de sociétés inégalitaires dans les colonies

Malgré les résistances locales (révoltes, oppositions puis mouvements politiques pour l'indépendance) et nationales (en France, par exemple, les partis socialistes et communistes s'opposent à la colonisation) la majorité des pays extra-européens connaîtront une période de colonisation.

Exemple : Période coloniale de l'Algérie (1830-1962), du Maroc (1912-1946), du Niger (1900-1960, du Mali (1895-1960).  

Une date particulièrement importante : La conférence de Berlin (15 novembre 1884 à Berlin et finit le 26 février 1885) conférence internationale aboutissant à un véritable partage de l'Afrique entre les puissances européennes. 




Question : D'après la gravure, quelle place est laissée aux populations africaines pour exprimer leur point de vue à la conférence de Berlin? Quel support documentaire sert de support au partage du continent? 



Questions : Identifiez le chancelier allemand O. Von Bismarck . Quel rôle est assigné à l'Afrique sur cette caricature? Et à Bismarck? 

La société coloniale : les inégalités institutionnalisées
"Au moment où commence la guerre d'indépendance, l'inégalité est institutionnalisée au sein de la population d'Algérie. Une série d'ordonnances et de lois promulguées entre 1944 et 1947 met certes fin au code de l'indigénat, qui avait privé de facto la plupart des « musulmans d'Algérie» de tout pouvoir politique. Ces réformes n'établissent pas pour autant une égalité entre « Français musulmans » et  « Français non musulmans » dans les départements algériens. Les droits civils diffèrent. L'accès au pouvoir politique également. Toutes les femmes algériennes restent privées du droit de vote. L'instauration d'un « double­ collège » (« collège musulman » et « collège de droit commun ») pour les élections locales et nationales revient à établir une égalité des pouvoirs entre les deux catégories de population, niant ainsi la prépondérance démographique des Français musulmans, ne leur accordant qu'une citoyenneté minorée. A cette inégalité, s'ajoute le trucage régulier des scrutins. Il faut attendre les ordonnances de novembre 1958, prises après le retour au pouvoir du général de Gaulle, pour que les Algériens, hommes et femmes, accèdent aux mêmes droits politiques que les autres citoyens français. Cette égalité, trop tardive, n'aura existé que les quatre dernières années de la colonisation."

Source : atelier de cinéma populaire "Grand ensemble"

EXERCICE : 1. Rédigez un court paragraphe mettant en lumière les inégalités présentes dans la société algérienne de la fin de la colonisation. 2. Pourquoi, pour l'auteur, l'égalité réelle est-elle "arrivée trop tard"?

 Des parachutistes dans la Casbah d'Alger en 1957 ("bataille d'Alger")

D - Droit de vote et émancipation féminine

 Alfred Bramtot, un bureau de vote en 1891, Mairie des Lilas

Questions : 1. Observez le tableau, dans quelle mesure le vote, en 1891, était-il différent dans son déroulé? (Autrement dit, quels éléments du vote contemporain (aujourd'hui) n'existaient pas à l'époque?) 2. Identifiez les personnages présents, qui semble riche? Qui semble pauvre? Dans quelle mesure le vote les rend-t-il tous égaux au sein du scrutin? 3. Qui est absent de cette scène? Qui ne peut voter à l'époque, même majeure?

Le droit de vote en France, quelles évolutions?  
1789 : Pendant l'Ancien Régime, les français ne votent que pour des scrutins locaux (élections professionnelles dans les corporations municipales, élus aux assemblées locales comme certains parlements, désignation d'envoyés aux états-généraux). Le vote se fait par ordre et il est censitaire (payant). Les femmes en sont largement exclues sauf dérogation exceptionnelle (les veuves votent parfois). Le roi n'est évidemment pas élu. 
1791: Avec la révolution tout change. Les votes nationaux apparaissent (élection des députés de l'Assemblée nationale) mais le suffrage demeure censitaire et indirect. Les électeurs votent pour élire des électeurs de second degré qui éliront les députés de l'Assemblée nationale.
1792 : Après la proclamation de la Première république (22 septembre 1792) le suffrage universel masculin devient la norme. Il restera le suffrage par excellence de toute la période montagnarde.
1795 : Après la chute de Robespierre le suffrage censitaire fait son grand retour
1804 : L'Empire napoléonien s'appuie sur un suffrage complexe à trois degrés et sur des listes d'aptitude très contrôlées. Le suffrage redevient universel mais il est tellement indirect et contrôlé qu'il n'est plus réellement démocratique. Par le plébiscite, c'est-à-dire un vote ou l'on répond par "oui" ou par "non" à une question, Napoléon fait ratifier par le peuple ses plus grandes décisions. 
1815 : Le vote censitaire est rétabli. 
1820 : Création du "double-vote", les plus riches peuvent voter deux fois.  
1830 : Le cens est abaissé de 300 à 200 francs par la Monarchie de juillet (Louis-Philippe) et l'âge du droit de vote passe de 30 à 25 ans.
1848 : La Seconde république octroie le suffrage universel masculin aux Français (hommes de plus de 21 ans).
1848 : Napoléon III (neveu de Napoléon Ier) est élu président de la République, il prend le titre de Prince-Président puis devient empereur à partir du 2 décembre 1852. Comme son oncle il appuiera largement son régime sur le plébiscite mais le suffrage universel est conservé mais encadré (création de liste de candidats officiels, obligation pour les candidats de jurer fidélité à la constitution impériale de 1852). 

QUESTION : Sélectionnez 5 dates importantes de la chronologie précédente, justifiez votre choix.

"Le passé, le présent, le futur"                                          (près de la femme "FRANCE")

QUESTION : De quel type de dessin s'agit-il ici? Qui sont les souverains représentés? Quelles critiques sont ici adressées aux deux dirigeants? 

Vers 1904, des suffragettes.

QUESTION : Quelles raisons sont ici invoquées pour justifier le soutien au droit de vote des femmes? Quand les femmes obtiendront-elles finalement le droit de vote en France?