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LA GUERRE FROIDE 1945-1991 : UN CONFLIT GEOSTRATEGIQUE, IDÉOLOGIQUE, ECONOMIQUE ET CULTUREL (Terminale STI2D)

 

Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale deux grandes puissances nouvelles se dégagent dans le concert des nations : les États-Unis et l'URSS. 
 
URSS et États-Unis ont su vaincre le Reich hitlérien et l'Empire du Japon, permettant de libérer l'Europe et l'Asie occupée et même une partie de l'Afrique. Au sortir de la guerre leur prestige est immense, elles sont les plus grandes puissances mondiales.

Si les deux grands pays sont alliés pendant la guerre, des dissensions se font jour entre eux dès 1943. Malgré les dénégations de Staline, les Alliés occidentaux ont des doutes sur les intentions du gouvernement de l'URSS à garantir la paix et la liberté des peuples européens et dénoncent les épurations pratiquées par les troupes soviétiques, particulièrement en Pologne (dès 1943 les Américains possèdent les preuves de la responsabilité des Soviétiques dans les massacres de la forêt de Katyn ou 20 000 membres de l'élite polonaises libérale sont assassinés par les membres du NKVD soviétiques en 1940). En 1944, la rupture entre l'Ouest, favorable à la démocratie et sous influence américaine et l'Est, sous domination soviétique est consommée dès 1946 avec par exemple le discours de Fulton, prononcé par Winston Churchill alors ex premier ministre.

Document 1 : extrait du discours de Fulton par Winston Churchill

« De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l'Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent. Derrière cette ligne se trouvent toutes les capitales des anciens États d'Europe centrale et orientale. Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia, toutes ces villes célèbres et les populations qui les entourent se trouvent désormais dans ce que je dois appeler la sphère soviétique, et sont toutes soumises, sous une forme ou sous une autre, non seulement à l'influence soviétique, mais aussi à un degré très élevé et, dans beaucoup de cas, à un degré croissant, au contrôle de Moscou. Le gouvernement polonais dominé par la Russie a été encouragé à empiéter largement et de façon illégitime sur l'Allemagne, et nous assistons actuellement à des expulsions massives de millions d'Allemands dans une mesure atroce et inimaginable. Les partis communistes, qui étaient très faibles dans tous ces États de l'Est européen, se sont vu élevés à une prédominance et un pouvoir bien au-delà de leur importance numérique et cherchent partout à accéder à un contrôle totalitaire. Des gouvernements policiers dominent dans presque tous les cas et, jusqu'à présent, à l'exception de la Tchécoslovaquie, il n'y a pas de vraie démocratie. Si le gouvernement soviétique tente maintenant, par une action séparée, de construire une Allemagne pro-communiste dans les régions qu'il contrôle, cela va provoquer de nouvelles difficultés sérieuses dans les zones britannique et américaine, et donner aux Allemands vaincus le pouvoir de se mettre eux-mêmes aux enchères entre les Soviétiques et les démocraties occidentales. Quelles que soient les conclusions que l'on peut tirer de ces faits - car ce sont des faits - ce n'est certainement pas là l'Europe libérée pour la construction de laquelle nous avons combattu. Ce n'est pas non plus une Europe qui présente les caractéristiques essentielles d'une paix durable.

1. Quelle expression utilise Winston Churchill pour désigner la frontière entre les pays occidentaux sous influence anglo-américaines, selon lui, libres, et les pays sous influence soviétique, selon lui, où l'exercice des libertés publiques est en train de disparaître? 
2. Quels faits met en avant Winston Churchill pour appuyer l'idée que les libertés sont en train de disparaître dans la partie orientale de l'Europe? Au profit de quelle puissance? Quel nom de ville est utilisé pour la désigner?
3. Quel danger voit-il apparaître en Allemagne selon lui qui peut poser problème à peine un an après la fin de la guerre et pourquoi?

1.  L'installation d'un monde bipolaire
 
A. L'Europe, premier lieu d'émergence des tensions entre États-Unis et Union Soviétique
 
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe centrale et orientale sont occupées par l'Armée rouge (l'armée soviétique) qui a libéré la majeure partie de ces territoires, d'Est en Ouest. 
Et dans le but d'étendre l’extension mondiale du communisme, l'URSS n'hésite pas à utiliser sa présence militaire dans les pays qu'elle occupe pour soutenir l'émergence de gouvernements communistes ou au moins favorables aux Soviétiques dans ces pays.

Les démocraties populaires se mettent ainsi en place. En Bulgarie dès septembre 1944 les communistes présents au sein du "Front patriotique" (qui a pris le pouvoir le 9 septembre avec l'appui de l'armée rouge) organise des épurations ciblées. En 1946, la République populaire de Bulgarie est proclamée et les partis d'opposition disparaissent. En janvier 1947, à la suite d'élections truquées les communistes polonais du comité de Lublin prennent le pouvoir en Pologne. En Roumanie, les partis d'opposition sont dissous et le 30 décembre 1947 le roi est contraint à l'abdication, dans la foulée est proclamée la République Populaire Roumaine. En Tchécoslovaquie, en février 1948, les communistes tchécoslovaques concentrent tous les pouvoirs suite aux actions de milices ouvrières, c'est le "coup de Prague". Bien que ce coup de force paramilitaire soit dénoncé par les Occidentaux, ceux-ci n'interviennent pas, l'URSS n'ayant pas participé directement aux événements, la doctrine du président américain républicain Harry Truman demeure celle de la simple limitation de l’expansionnisme soviétique ou "containment" (en français "endiguement). Les Américains ne chercheront pas à faire reculer le communisme en Europe par la force mais à empêcher son extension hors des démocraties populaires nées avant 1948, pour éviter tout affrontement direct avec leur ancien allié. 
 
https://www.cvce.eu/content/publication/2003/3/26/8e323521-600c-4d23-902c-171a217c3b0e/publishable.jpg 
Caricature allemande exposant les différences en matière de vie politique entre l'Est et l'Ouest de l'Europe après 1945.

1. Qui sont les personnages géants représentés, que personnifient-ils
2. Qui sont représentés par les petits personnages en blanc? 
3. Que cherchent à faire les deux grands personnages avec leurs couvre-chefs?
4. Quel problème rencontre le personnage de gauche que ne rencontre pas le personnage de droite et pourquoi?
5. Quelle dès lors l'idée générale du dessin?

Cette politique amène l'accélération de la mise en place du plan Marshall en 1948, un plan d'aide américain de 16,5 milliards de dollars de crédit (équivalant à 173 milliards de dollars en 2020) décidé pour aider au redressement de l'Europe et la création de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord) une alliance militaire visant à prémunir l'Europe d'une agression soviétique (4 avril 1949).
 
Les Américains, craignant pour la survie de la démocratie en Europe, acceptent l'idée de maintenir des troupes après guerre sur le territoire européen et de s'investir dans le remodelage du continent, en premier lieu en Allemagne.
 
La guerre froide est caractérisée par un conflit surtout diplomatique et économique. Jamais entre 1945 et 1991 les deux ennemis (États-Unis et Union Soviétique) n'entreront en guerre l'un contre l'autre. 
 
EXERCICE : Choisissez une crise de la Guerre Froide, opposant États-Unis et Union Soviétique. Exposez son contexte, les faits qui lui sont liés, les conséquences de cette crise et concluez en argumentant sur l'inscription de votre crise dans la Guerre Froide. Pourquoi s'agit-il bien d'une crise caractéristique de la Guerre Froide?

Les crises caractéristiques de l'affrontement : 
1947 doctrine Truman de "l'endiguement". En URSS, le rapport Jdanov est rendu public ("camp impérialiste" les occidentaux contre "camp des pacifistes" les soviétiques).
Le blocus de Berlin 1848 à 1949.
1950-1953, la Guerre de Corée. 
1961 : Le mur de Berlin. 
1962 : crise de Cuba. 
Période de détente.
1964-1975 : Guerre du Vietnam.
Période de détente. 
1968 : Printemps de Prague. 
Période de détente.
1977-1987 : Crise des Euromissiles. 
1979-1988 : Guerre en Afghanistan. 
 


 
 
 
 

Cours Terminale L Gouverner la France depuis 1946 (Partie III) (B)

B - Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand : des présidents entre chocs et ruptures.

1- "Les années VGE"

Après le décès prématuré de Georges Pompidou, intervenu le 2 avril 1974, des élections présidentielles sont organisées en France. Le candidat favori de l'élection des 5 et 19 mai 1974 est Jacques Chaban-Delmas. Le maire de Bordeaux est un gaulliste historique. Ancien résistant il est soutenu par tous les anciens compagnons du Général De Gaulle et par les gaullistes les plus célèbres comme André Malraux. En 1963 il est dans la liste des "barons du gaullisme" pointés par le Nouvel Observateur. C'est un homme du sérail. Il a été 5 fois ministre, dont plusieurs fois premier ministre de G. Pompidou. Il est le favori de la campagne de 1974.

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Jacques Chirac en compagnie de Jacques Chaban-Delmas (à droite) au congrès de l'UDR (l'Union des Démocrates pour la 5e République, le parti gaulliste) en 1971. "Chaban" ne sait pas, alors, que Jacques Chirac aka "Chichi", le jeune loup, va le trahir.

Pourtant, c'est Valéry Giscard-d'Estaing, un jeune ex-ministre de 48 ans qui est élu.

En effet, Jacques Chaban-Delmas multiplie les erreurs pendant la campagne:
- Il se déclare candidat à peine 48 heures après la mort de G. Pomdidou, alors que l'hommage de l'Assemblée Nationale au président défunt n'est pas achevé ce qui apparaît inélégant à nombre d'observateurs. 
- Le Canard Enchaîné le brocarde et en fait "le chantre des petits arrangements fiscaux", sa feuille d'imposition est publiée, révélant alors qu'il paye moins de 20 000 francs d'impôts pour environ 250 000 francs de revenus annuels, des revenus largement défiscalisés, son frère est d'ailleurs cité dans plusieurs affaires d'évasions et d'optimisations fiscales.
- Enfin, la presse à scandales en fait à demi-mots le meurtrier de sa seconde épouse, morte en 1970, dans un accident de la route. (Sa voiture ayant heurté un platane, on accuse Jacques Chaban-Delmas, alors premier ministre, d'avoir fait saboter la voiture de sa femme pour pouvoir épouser sa jeune maîtresse sans avoir à divorcer (il épouse en effet Micheline Chavelet à peine un an plus tard). Même si la police qui a ouvert une enquête ne trouve aucun élément pour conclure au sabotage de la voiture J. Chaban-Delmas est durablement sali.

Politiquement, il apparaît comme un candidat traditionnel, n'incarnant aucune forme de rupture, voire pire, incarnant le retour à la politique austère du Général De Gaulle après des années Pompidou ouvertes à l'innovation et tournées vers la bonhommie et la modernité.

En face Valéry Giscard d'Estaing veut incarner la rupture : il est jeune, il a 48 ans, il est proeuropéen et appuie l'idée d'un parlement européen renforcé et la création d'une banque centrale européen. C'est un homme de droite mais il apparaît ouvert à la jeunesse et à ses aspirations. Il est ll'un des précurseurs du néolibéralisme en France mais arrive à faire brosser de lui un portrait d'homme attentif aux plus faibles (entre autres choses grâce à Simone Veil). Lui est favorable à la monnaie unique et à l'Europe justement pour imposer le libéralisme et la fin des industries protégées, il est opposé au protectionnisme rénovée que réclament les grands patrons français pour résister à l'émergence des économies asiatiques. Il croit à la compétitivité et à la rigueur budgétaire. Pour lui l'industrie et le commerce français doivent s'adapter. C'est un homme de chiffres, il est le plus jeune ministre des finances lorsque Georges Pompidou l'appelle au gouvernement en 1969.

De fait même s'il a été plusieurs fois députés et ministre il arrive au seuil de l'élection comme un "homme neuf" pour la presse et les Français. De fait son parcours est très proche de celui d'Emmanuel Macron. Il est vierge de toute affaire politique ou scandale important. De plus sa campagne s'inspire des innovations électorales américaines :
- Il n'hésite pas à mobiliser sa famille, ainsi sa fille Jacinte (13 ans) pose à ses côtés sur l'affiche de campagne et Anne-Aymone Giscard d'Estaing sa femme va jusqu'à coller des affiches pour lui devant la presse. Elle anime des meetings politiques, reçoit des journalistes, entretient des liens forts avec des vedettes du showbizness comme Johnny Halliday.

https://img.huffingtonpost.com/asset/5c92b8ab3b0000a6076de66f.jpeg?ops=scalefit_630_noupscale
Jacinte Giscard d'Estaing (13 ans) et Valéry Giscard d'Estaing sur l'affiche de la campagne de 1974. Il pose dehors "à la fraîche", une révolution!


https://www.lepoint.fr/images/2014/10/19/bardot-giscard-2873014-jpg_2509002_1250x625.JPG
Brigitte Bardot, icône sexy des seventies, en culotte et tshirt "Giscard à la barre" en 1974. Elle ne soutenait pas encore Jean-Marie Le Pen...

La peopolisation de la campagne politique de 1974 est un tournant pour la vie politique française. Et ce virage est impulsé par Valéry Giscrd d'Estaing et son équipe de campagne : jeune, accompagnée de publicitaires célèbres.

Le tournant de l'élection a alors lieu le 13 avril 1974 quand paraît "l'appel des 43" dans la presse. Orchestré par Jacques Chirac, jeune ministre, "jeune loup" de la politique française il appelle les électeurs gaullistes à soutenir une candidature unique de rupture, et donc à soutenir Valéry Giscard-d'Estaing. Avec cet appel, signé par 43 ministres et parlementaires gaullistes il condamne la génération des "barons" entrée en politique avant 1960 voire carrément pendant la guerre 1940-1945 avec la France Libre c'est le coup de grâce. Jacques Chaban-Delmas tombe à 10% d'intention de vote dans certains sondages d'opinion.

https://statics.lesinrocks.com/content/thumbs/uploads/2017/12/width-1125-height-612-quality-10/el-onoredoc01.jpg
Le premier mai 1974, Johnny Halliday accompagné de Danièle Gilbert, présentatrice de télévision, de Chantal Goya, et du mari de celle-ci Jean-Jacques Debout viennent porter du muguet à l'équipe de VGE dans son qg de campagne.
Décidément, la France du cool roule pour "VGE", "Chaban" est cuit. 

"Giscard", comme le nomme la presse, constitue le dernier président des 30 glorieuses.

Sa présidence est marquée par une politique libérale, socialement et économiquement.
Il met fin à la tutelle du gouvernement sur la télévision publique française, à l'été (le 7 août) 1974. Et l'ORTF est démantelée.
Dans cette optique libérale on note que le démantèlement de l'ORTF (télévision publique) s'accompagne d'une réduction importante de personnel. Le 26 novembre, la maison de la radio est d'ailleurs investie par les grévistes, qui séquestrent le président de l'ORTF en cours de démantèlement Marcel Long. Les grévistes protestent contre le plan social.

La présidence de Valéry Giscard d'Estaing n'est pas exempte d'innovations sociales et économiques.
Ainsi sous sa présidence le Concorde effectue ses premiers vols commerciaux (1974). Il fait voter la loi instaurant le divorce par consentement mutuel et pour rupture de la vie commune. Simone Veil défend également la loi d'orientation en faveur des handicapés qui amène la création des COTOREP (institutions pour l'intégration des handicapés par le travail), les premières normes d'accessibilité pour les bâtiments sont créées.
Il réforme la constitution en favorisant la saisine du Conseil Constitutionnel par l'opposition. Qualifiée de "réformette" à l'époque, la saisine du Conseil Constitutionnelle par l'opposition (il suffit de l'aval de 60 députés ou 60 sénateurs pour saisir le Conseil Constitutionnel) permet à l'opposition de faire obstacle aux textes de projets de loi qu'elle juge anticonstitutionnels).

Il met en place une politique libérale socialement ouverte : sous sa présidence la majorité civile et électorale est abaissée à 18 ans. C'est sous sa présidence que Simone Veil défend et fait voter la dépénalisation de l'avortement et que le droit à la contraception se démocratise.
La censure des œuvres cinématographiques et littéraires est assouplie. En juin 1974 les Français se ruent voir au cinéma Emmanuelle, le premier film érotique à obtenir un visa d'exploitation cinématographique large en France.

L'une des affiches du film, reprise ici sur la pochette de la bande originale (par Pierre Bachelet l'homme des "corons"!) 1974. Le fait que je censure cette pochette d'album pour éviter de voir mon blog être
mis hors ligne par Google en dit long sur l'importation des normes puritaines américaines en France... #tristesse

Deux premiers ministres vont marquer son mandat : Jacques Chirac, puis Raymond Barre.
Si jacques Chirac est l'homme des réformes sociétales (divorces, avortement) et de l'ouverture, les années Barre sont celles de la "rigueur" selon son expression propre. Les 3 « plans Barre » de 1976, 1977 et 1978 cherchent à redresser progressivement les finances publiques. Mais les effets des deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 empêchent l'équilibre budgétaire et l'inflation et le chômage augmentent en France. C'est la fin des "30 glorieuses" selon l'expression de l'économiste Jean Fourastié. Dès sa mi-mandat Valéry Giscard-d'Estaing restreint l'immigration légale et freine le regroupement familial (il dénoncera d'ailleurs l'arrêt GISTI du Conseil d'état du 8 décembre 1978 qui déclare contraire au droit français l'obligation faite aux candidats à l'immigration dans le cadre du regroupement familial d'accepter de refuser de travailler en France pour ne pas entrer en concurrence avec la main d’œuvre française, l'arrêt consacre également le "droit à une vie de famille normale" et interdit toute émigration forcée d'immigrés en situation régulière il maintient également le droit au regroupement familial, même si celui-ci est plus stricte).


https://dismoimedia.files.wordpress.com/2015/07/raymond-barre-les-guignols.jpg
Raymond Barre caricaturé par les Guignols de l'info (Raymond Barre, candidat malheureux à la présidentielle de 1988 et maire de Lyon jusqu'en 2001 reste après les années 1970 un personnage politique important, respecté, même par Jacques Chirac...)

Sa présidence marque également le retour de l'armée française en Afrique. Après une période de désengagement ou de simple présence d'éléments français des troupes françaises sont engagés dans des conflits ouverts. Ainsi des parachutistes sont envoyés en opérations contre des rebelles indépendantistes Katangais dans le Shaba (en République Démocratique du Congo, à l'époque Zaïre) en 1978 après une prise d'otages visant des européens. En 1979 c'est l'opération Caban qui est diligentée par le gouvernement français pour déposer Jean-Bedel Bokassa (devenu Bokassa Ier Empereur en 1977 et alors soutenu par le gouvernement français). Il est à noter qu'à à partir de 1973, Bokassa, très proche de Valéry Giscard-d'Estaing, lui avait offert plusieurs fois des diamants pour un montant total d'environ 100 000 francs soit 15 000 euros, mais évalué à l'époque par le Canard Enchaîné à 1 million de francs. C'est l'affaire "des diamants de Bokassa". Une évaluation farfelue qui portera préjudice à VGE et qui participera à sa défaite en 1981 contre François Mitterrand, le candidat de de la Gauche.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/11/Concorde_1_94-9-5_kix_%28cropped%29.jpg
Un concorde se pose au Japon.
Quand à 11h21 il passait au dessus de mon école près de Roissy je savais que j'allais bientôt aller manger chez pépé et mémé... :)

QUESTIONS :
Classez
1) Quels changements ou innovations sociales (voire sociétales) marquent le septennat de Valéry Giscard d'Estaing?
2) Quels changements ou innovations économiques marquent le septennat de Valéry Giscard d'Estaing.
3) Citez une réforme constitutionnelle marquant le septennat de "VGE". Que change-t-elle dans les pratiques politiques de la 5e République? Que permet-elle?

Répondez à ces questions et surtout apprenez les éléments du cours...







C - Jacques Chirac : L'Homme des cohabitations D -  Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel macron : bilan possible et histoire immédiate?)

III - La Cinquième République de 1969 à 2020

 A - Pompidou, la continuité au gaullisme

https://photos.geni.com/p13/b2/9a/c7/3f/5344483958535070/georges_pompidou_large.jpghttps://www.herodote.net/_images/pompidou.jpg 

Deux photographies de Georges Pompidou vers 1972. Si De gaulle disait de lui qu'il était un homme "mystérieux, avec un côté balzacien" il laisse surtout aux français l'image d'un président "à la papa" à la tête d'une "France heureuse" (sortie des guerres coloniales, à l'économie florissante, au chômage faible, à l'inflation sous le seuil fatidique des dix pourcent, mais assez importante pour favoriser le crédit chez les jeunes).  

1. Présentez ces documents (dont les auteurs et les circonstances de création ont été délibérément cachées). Faites des hypothèses. S'agit-il d'images volées? Pourquoi?
Qui a pu les prendre? Quel est le but de ces portraits?
2. Quelle image donne ces portraits du président Pompidou? Quels éléments vous permettent de dire cela? 
3. Comparez ces portraits aux portraits les plus connus du Général de Gaulle. Quelle rupture apparaît entre les deux images publiques présidentielles (De Gaulle/Pompidou)?

au

(Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale créée le 14 février 1963), il lutte contre le surpoids économique parisien par la politique des métropoles d'équilibre (ou villes nouvelles) qu'il continuera de développer après son élection (ainsi les premiers bâtiments de Cergy-Pontoise sorte de terre en 1970 alors qu'il est président) il soutient la création plus l'extension de la Mission interministérielle d'aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon (la Mission Racine). Alors que le chantier de l'aéroport de Paris-Nord (Charles De Gaulle) est sous le feu des critique et patine il soutient la création du terminal circulaire dessiné par Paul Andreu (le "camembert" dont cinq déclinaisons reliées par un train sont prévues initialement). Il conserve les préfets de régions voulus par le Général (validée en 1964) mais la décentralisation reste en suspens lors du septennat de Georges Pompidou. Il finalise la réorganisation de l'Île-de-France avec la création de nouveaux départements reprenant les codes départementaux des anciens départements d'Algérie (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Yvelines, Essonne et Val-d'Oise). Le « plan neige » de 1965 est pourquivit (il s'agit d'aménager de grandes stations de ski dans les Alpes pour développer le ski comme sport populaire). 

 https://c2.staticflickr.com/4/3227/3016205704_42a9057cd0_b.jpgLe front de mer des Sables-d'Olonne au début des années 1970. Carte postale populaire.

1. Quelles activités de plage sont visibles? 
2. Comment s'incarne la modernité du nouveau front de mer? Comment s'intègre cette modernité à l'ancien bâti?  
3. Comment utiliser cette carte postale (de façon plurielle) pour mettre en lumière les loisirs balnéaires comme des loisirs de masse dans les années 1970? 
Le réseau routier est considérablement renforcé, on atteint les 1500 kilomètres d'autoroutes construites à la fin du mandat de Georges Pompidou (il n'y en avait que 100 kilomètres au début des années 1960). La France est également en plein essor industriel, l’indice de la production industrielle (base 100 fixée en 1959) s'établissant à 140 en 1965, puis 200 en 1974. Pour Georges Pompidou : "Sans industrie puissante, point d'emploi, point d'augmentation régulière des revenus et singulièrement des revenus les plus faibles, point de rayonnement à l'extérieur surtout si l'industrie ne fait pas preuve d'un peu plus de grâce qu'ailleurs". Le gouvernement soutient les "grands champions" et favorise les fusions d'entreprises inductrielles comme Saint-Gobain et Pont-à-Mousson (dans la fonderie technique), ou Péchiney, Ugine, Kuhlman (industrie chimique) base des grands groupes industriels français actuels.

Le , avait été lancé le premier satellite français prénommé "Astérix" puis un tous les deux ans, en moyenne, pendant le dernier mandat du Générale De Gaulle. Sous Pompidou trois satellites sont envoyés dans l'espace chaque année. Le complexe de Kourou, en Guyane, ouvert en 1968 est agrandi. Les grands plans d'aménagement sont un succès.

La stabilité financière est maintenu. Le nouveau franc crée en décembre 1958 reste stable. L'inflation est jugulée et l'industrie se développe à ce que Georges Pompidou qualifie de "bon taux français"  7,5% de croissance par an de PIB.

1. En utilisant la leçon, dites comment s'incarne la bonne santé de l'économie française de 1960 à 1974?

Portefolio 
La France des années 1970 : une France de ruptures (économiques, culturelles, mais aussi, de style!)
https://tandresmelodies.files.wordpress.com/2015/06/3502515999.jpg
Costumes d'hommes (haut) et de femmes (bas) début années 1970https://heloiseetnais.files.wordpress.com/2014/01/1972-2-3s-0009.jpghttps://media.paperblog.fr/i/775/7759363/mode-annees-1970-L-08n2QO.jpeg  Ci-contre une page du catalogue Manufrance
https://p6.storage.canalblog.com/62/70/1330079/101677886_o.jpg 
Farrah Fawcett en jeans
https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/sites/regions_france3/files/styles/top_big/public/assets/images/2015/09/04/ds_reportage_fr3.jpg?itok=uaebL91eLa Citroën DS de l'ORTF (présente sur le Tour de France par exemple)

Un publicité pour la R5 de Renault lancée en 1972.
Pourquoi ce lapin? Pourquoi ce rouge? pourquoi cette blonde en leggings et top sans bretelle très très ajusté? Un hommage à Alice au pays des merveilles sans doute...
https://sf1.viepratique.fr/wp-content/uploads/sites/9/2015/11/okautowp.ru_renault_5_3-door_1-750x410.jpg
Le centre d'art contemporain et moderne Georges Pompidou à Paris. Architecte : Renzo Piano. Voulu par Georges Pompidou, le centre est ouvert en janvier 1977, soit après la mort du président.

https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2017/01/8741b1ca-1c10-4ab7-bd2d-805ff2ac8e35/pompidou_afp.jpg

Victor Vasarely, Vega 200, 1970  https://www.kazoart.com/blog/wp-content/uploads/2019/02/vega-200-1968.jpg

Cours Terminale L Gouverner la France depuis 1946 (Partie II)



II - La Ve République : un régime présidentielle

  1. Une nouvelle constitution voulue par le Général De Gaulle
La constitution de la cinquième république est établie par référendum en 
septembre 1958 pour remplacer la constitution de 1946. 80 % des votants s’y 
prononcent favorablement. 
Résultat de recherche d'images pour "affiche referendum 1958" 















 < Une affiche de promotion du "Oui" à la constitution, signée Lefor Openo, 1958.

1. Présentez l'image (nature, auteur, date, idée et argument).
2. Cette affiche est-elle favorable ou défavorable à la nouvelle constitution de 1958?
3. Vous avez (grâce à plusieurs objets et vêtements présents) identifié au cours de la première question le personnage. Quelle double allégorie est ici présentée via cette figure féminine? 
4. Du coup quelle analogie est ici faite? 
5. Et finalement derrière cette représentation romantique et virginale, que propose-t-on aux Français?

Si le préambule de la constitution de 1946 (et donc la Déclarations des Droits de l’Homme 
et du Citoyen de 1789 qui y était intégrée) sont conservés, la forme des institutions 
change radicalement

Pour son portrait officiel le général de Gaulle décide 
de poser dans la bibliothèque de l’Élysée, la main reposant sur un volume contenant la 
constitution de la cinquième république et en dessous, une histoire de la Légion d’Honneur. 
Il porte un spencer rehaussé de ses épaulettes de général. Il ne porte pas l’habit 
traditionnel des présidents de la République et pour la première fois la photographie,
 prise par Jean-Marie Marcel en 1958.

1. Présentez le document (N,A,D,I,A).
2. Pourquoi choisir d'utiliser la couleur?
3. Quelle raison d'après vous dans ce choix inédit de costume (un élégant spencer de soirée rehaussé de galons de général associé aux insignes de grand-croix de la Légion d’Honneur)? 
4. Le cadre de la photographie est inédit, pourquoi avoir choisi cet endroit et ces livres? 
5. Quel autre président de la République avait posé ainsi, la main appuyée sur des livres? 
6. Quelles idées et valeurs défend ainsi De Gaulle? 
7. Quel autre portrait célèbre est ici rappelé?

Le Président élu pour sept ans, puis pour cinq ans depuis 2000, est la clef de voûte 
du système. D’abord élu au suffrage indirect, il est, à partir de 1962 élu par le 
peuple français. Il veille au respect de la Constitution, dispose de droit de grâce,
 commande les armées, signe les traités. Il peut s'adresser directement au peuple
 par référendum et a le droit de dissoudre l'Assemblée nationale.
L'article 16 lui donne temporairement le droit d'user de pouvoirs exceptionnels en cas
 de menace pesant sur la sécurité de l'Etat. Le poids du président est encore renforcé
 en 1962, quand de Gaulle fait adopter par référendum l'élection de celui-ci au suffrage
 universel. Auparavant, il était élu par un collège de grands électeurs. Au total on parle
 d'un régime semi-présidentiel.
En premier lieu, les prérogatives du Parlement (le pouvoir législatif) sont 
drastiquement limitées. Le président devient le centre du nouveau régime. 
Il peut dissoudre l’Assemblée Nationale. Il est le chef incontesté de l’Armée et peut l
’engager sur simple décision personnelle, sans convoquer les députés et sans vote 
de leur part. Il nomme les ministres par décret et le premier ministre est responsable 
devant lui. 

La composition des chambres est revues. Si les membres de l’Assemblée nationale 
(les députés) sont élus pour cinq ans par les citoyens français, les sénateurs, 
quant à eux, sont élus au suffrage indirect (le Sénat est le représentant des 
collectivités de métropole et d'outre-mer, et des Français établis hors de France).  
En cas de désaccord entre les deux chambres l’Assemblée Nationale à la 
prééminence. Les députés ont le dernier mot. Elle peut désavouer le Sénat.  
Le bicamérisme en France est donc favorable à la la chambre basse, l’Assemblée 
Nationale. Dans la Constitution du 5 fructidor an III (celle du Directoire) de 1795, 
les deux assemblées élues : le Conseil des Anciens et le Conseil des Cinq-Cents 
voit s’affirmer la proéminence du Conseil des anciens. Le rapporteur du projet de 
cette constitution François-Antoine de Boissy d'Anglas déclarait à l’époque vouloir 
empêcher la dictature d’une assemblée sur l’ensemble de l’État, prenant en exemple 
les excès de la Convention. Il déclare en 1795 : « Je m’arrêterai peu de temps à 
retracer les dangers inséparables de l’existence d’une seule assemblée, j’ai pour 
moi votre propre histoire et le sentiment de vos consciences. [...] Il faut opposer 
une digue puissante à l’impétuosité du corps législatif, cette digue, c’est la division 
des deux Assemblées. »

Le Sénat, constituant la “chambre haute” du système législatif français est 
en retrait, les 348 sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par environ 
162 000 grands électeurs (des élus de cette circonscription : députés et sénateurs, 
conseillers régionaux, conseillers départementaux, conseillers municipaux, élus, 
eux à leur poste au suffrage universel). Le nombre de sénateurs élus par chaque 
circonscription est déterminé par la population de la circonscription. On compte 
par exemple : 1 sénateur pour la Lozère, 5 dans le Bas-Rhin et 12 à Paris. Si 
chaque sénateur est élu pour 6 ans, le renouvellement des sénateurs est effectué 
aujourd’hui par tranche de 178 et 170 sièges (2 tranches) depuis 2008. En 1958, 
les élus du Sénat étaient renouvelés par tiers tous les 3 ans. Les sénateurs 
sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans les circonscriptions 
désignant 1 ou 2 sénateurs ou au scrutin de liste à la représentation proportionnelle 
dans les circonscriptions qui doivent désigner 3 sénateurs ou plus.

Dans la constitution de la Ve République, les députés peuvent renverser le 
gouvernement en votant une motion de censure, mais celle doit être votée à la 
majorité des élus, il faut donc réunir le vote de plus de 50% des députés élus.

Le gouvernement peut mettre fin au débat parlementaire et imposer certains 
textes de loi sans discussion de l’ensemble des amendements (article 49-3 
de la constitution). Il peut également recourir au besoin au référendum. 

Le pouvoir exécutif (Gouvernement et Présidence) est donc renforcé.  
 Le Premier ministre (chef du gouvernement) est nommé par le président de la 
république (chef de l'Etat).
  1. La république gaullienne

Dans Histoire politique de la Ve République paru chez Armand-Colin en 2008), 
l’historien Mathias Bernard, historien, s’interroge sur les base de la 
“République gaullienne” (1958-1969) c’est son expression.

Quels sont les fondements du régime sous De Gaulle? 
En premier lieu il s’applique à résoudre la crise algérienne. S’il se dit favorable le 
5 juin 1958 à “L’Algérie française”, face au refus de “paix des braves” du FLN et face
 à la création d’un gouvernement provisoire de la République Algérienne il accepte 
l’idée d’indépendance. Le 8 janvier les Français de métropole se prononcent 
favorablement à l’autodétermination en Algérie. Suite au vote du 8 janvier les 
troubles se renforcent en Algérie, le 11 février 1961 est fondée l’OAS (Organisation 
Armée Secrète) la conciliation entre FLN et colons est impossibles. 
Le 1er juillet 1962, 99% des votants se prononcent, en Algérie, favorablement à 
l’indépendance (le vote faisait suite au accords d’Évian du 18 mars 1962). 
Dès le lendemain le général De Gaulle reconnaît l’indépendance de l’Algérie.

Le président de la République devient rapidement le centre du pouvoir. En avril 1962, 
le général De Gaulle nomme un premier ministre qui n’est pas député : Georges 
Pompidou. C’est un désaveux pour l’Assemblée Nationale. 
À la suite de l’attentat du Petit-Clamart, le général De Gaulle fait réviser la constitution
en faveur de l’élection au suffrage universel du président de la République. Les députés 
lui répondent par une motion de censure contre Georges Pompidou, votée par eux. 
En réponse, De Gaulle maintient Pompidou à son poste et dissout l’Assemblée 
Nationale et fait valider par référendum sa modification constitutionnelle. Les Français 
votent oui à l’élection du président au suffrage universel et en novembre 1962 le vote 
gaulliste est majoritaire aux législatives. Le général De Gaulle s’est imposé face 
aux députés. 

Le général de Gaulle n’hésite pas à mobiliser l’article 16 de la Constitution, qui 
déclare : “Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, 
l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux 
sont menacés d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement 
régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de 
la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après 
consultation officielle du Premier ministre, des Présidents des Assemblées 
ainsi que du Conseil constitutionnel.”
“Il en informe la Nation par un message.” L’état d’exception ne peut durer plus 
de 30 jours.  
Pour René Capitant, juriste et compagnon de la Libération, compagnon de De Gaulle, 
l'article 16 constitue la « constitutionnalisation de l'appel du 18 juin 1940 ».

Le général de De Gaulle réforme le Franc, stabilise le change et le budget de l’État. 
Le pays devient indépendant militairement des États-Unis. Les bases militaires 
américaines sont fermées. Le 13 avril 1960 la première bombe atomique française 
explose. En mars 1966, De Gaulle retire la France du commandement intégré de 
l’OTAN. En 1960 De Gaulle reçoit Nikita Kroutchev en pleine guerre froide. En 1963 
il refuse l’entrée de l’Angleterre dans la CEE car pour lui, “l’Angleterre est le cheval de 
Troie des Américains”. En 1964 le gouvernement français reconnaît la République 
Populaire de Chine. 

Après une première partie d’union sacrée pour la paix en Algérie et une forme de 
sidération politique, l’opposition se reconstitue. En 1963, les agriculteurs manifestent 
pour protester contre la chute des prix agricoles, les mineurs également. 
Ils obtiennent satisfaction. En 1965 François Mitterrand s’impose comme 
“candidat unique de la gauche”. Le jeune Jean Lecanuet (MRP) met en ballottage 
De Gaulle aux élections de 1965. Le général est apparu comme un président en 
décalage avec les jeunes. 

Une barricade en mai 1968.

La rupture est consommée en 1968. À partir de mars, grèves, occupations de foyers 
étudiants et d’usines se multiplient en France. À partir du 3 mai la Sorbonne est occupée 
(jusqu’au 15 juin 1968). Des barricades sont dressées dans le quartier latin dans la nuit 
du 3 mai au 4. Jets de pierre et émeutes opposent étudiants et CRS. Le 13 mai, 
syndicats ouvrier et étudiants défilent, plus de 10 millions de personnes sont dans la rue. 
Le 27 mai sont signés les accords de Grenelle : les salaires (particulièrement des 
fonctionnaires et des ouvriers) sont revus à la hausse. 

La rupture semble totale et pourtant en juin, les élections consacrent les candidats 
gaullistes. De Gaulle conserve le pouvoir. Il semble inébranlable quand en 1969, 
suite un la victoire du non lors d’un référendum sur la décentralisation il décide de 
démissionner. 
Il meurt le 9 novembre 1970. Il est enterré à Colombey les deux églises 
(en Haute-Marne, région Grand-Est).

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Le mémorial de Gaulle à Colombey
1. Comparez les constitutions de la IVe République et de la Ve République (après 1962). Dans quelle mesure les pouvoirs du président sont-ils considérablement renforcés avec la nouvelle constitution? 
2. En quoi ce pouvoir demeure-t-il néanmoins démocratique?
3. Quels évènements montrent que le pouvoir gaulliste s'affaiblit après 1963?
4. Faites une présentation synthétique de la crise ouvrière et étudiante de 1968. 
Quelles en sont aujourd'hui les avatars, les héritages, parfois contestés, 
dans la France contemporaine?