TERMINALES STMG HISTOIRE THEME I - TOTALITARISMES ET GUERRE MONDIALE

THEME 1 - TOTALITARISMES ET SECONDE GUERRE MONDIALE

Comment les totalitarismes ont-ils participé à jeter le Monde dans une guerre totale, une guerre d'anéantissement ? 

CHAPITRE I - Naissance, épanouissement et fonctionnement des régimes autoritaires et des totalitarismes en Europe entre 1918 et 1939

I - L'épanouissement des régimes autoritaires en Europe après la Première Guerre mondiale, contexte de naissance des totalitarismes européens

Plusieurs éléments se conjuguent à la fin de la Première Guerre mondiale pour que s'installent en Europe une série de régimes autoritaires et plus tard totalitaires. 

A - Les sociétés européennes vont être déstabilisées et profondément modifiées par la Première Guerre mondiale. 

L'Europe est bouleversée dans ses structures politiques, sociales, géopolitiques, militaires et même familiales et artistiques. 

Les grands empires européens disparaissent : 

- Les grandes structures de la Russie impériale sont balayées par la révolution de février 1917, puis, par la révolution de 1917 et un régime communiste naît en Russie : l'URSS. 

En effet, le gouvernement impérial russe est remplacé en février 1917 par un gouvernement républicain socialiste réformiste. Mais le 25 octobre 1917 (7 novembre 1917 dans le calendrier grégorien) Lénine prend la tête d'une insurrection ouvrière et militaire des conseils ouvriers et de soldats de Petrograd (ou "soviets"). Une fois la capitale de l'empire prise, partout dans l'ex-empire russe, les soviets, dirigés par les membres du parti bolchevik prennent le pouvoir. Une guerre civile éclate au cours de laquelle s'oppose les Rouges les communistes et les Blancs, les partisans du Tsar Nicolas II et de sa famille. Tous sont d'ailleurs exécutés dans l'Oural avec toute la famille impériale (le couple impérial et ses 5 enfants, dont la jeune princesse Anastasia) le 17 juillet 1918, à 50 ans.
Naît ainsi de cette guerre civile (1917-1921), un nouvel état, dirigé par Lénine, chef du parti bolchevik : l'URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques). 

Lénine dans sa datcha, en retraite et isolé, vers 1922

 - L'Empire allemand disparaît, l'Empire d'Autriche-Hongrie disparaît (démantelé au profit de la création de nouveaux états comme la Tchécoslovaquie, l'Autriche et la Hongrie) et le gouvernement italien est déstabilisé. 
Le 9 novembre 1918, le gouvernement impérial du Kaiser Guillaume II est balayé mais l'Allemagne républicaine née de cette révolution n'est pas stable et plusieurs coups de force l'ébranle en 1919 (comme celle menée par les Spartakistes à Berlin en janvier 1919 où à la fin de l'insurrection, le 15 janvier 1919, le lieutenant de cavalerie nationaliste et réactionnaire Vogel assassine la révolutionnaire et militante féministe et internationaliste juive Rosa Luxemburg. Son compagnon Karl Liebknecht est également assassiné.

Membres des corps-francs dans les rue de Berlin en janvier 1919, extrait du livre "Ehrenbuch des Deutschen Heeres" ou "Le livre d'honneur de l'armée allemande" par le major Major Alwin Fröhlich, paru en 1926.

1. Présentez le document (Nature, Auteur, Date)
2. Décrivez le document. Comment sont vêtus et équipés les hommes visibles sur la photographie. 
3. Au regard de la date du cliché, cette photographie date-elle de la Première Guerre mondiale ? Dès lors qu'en conclure vis-à-vis du rôle politique de l'armée en Allemagne au sortir de la Première Guerre mondiale ? 

En Allemagne comme en Italie, la violence politique devient la norme. Intimidations et assassinats politiques se multiplient. Et les groupes armés paramilitaires (comme les corps francs en Allemagne) multiplient les actions violentes. La guerre continent d'ailleurs à l'Est ou les corp-francs affrontent jusqu'au début des années 1920 contre des tentatives d'extensions polonaises. La violence armée continue donc de s'exprimer, avec l'appui du gouvernement conservateur.
 
Rosa Luxemburg en 1915.

- En Allemagne et en Italie le ressentiment est très fort. 
L'armée allemande est rentrée en Allemagne avec armes et bagages et en 1918, le sol allemand n'a pas été marqué par le conflit. Pourtant le pays est humilié. Les territoires des empires centraux européens démantelés par une série de traités de paix signés en 1919 dont le plus célèbre est le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919. L'Italie n'a pas obtenu les "terres irrédentes", les territoire slovènes au Nord-Est de l'Italie. 

B - Les structures d'autorité traditionnelles (religieuses, artistiques, économiques, politiques et sociales) ébranlées partout en Europe 

Au cours des années 1920 de nouvelles formes de libertés apparaissent de nouvelles formes artistiques naissent comme le surréalisme ou l'expressionnisme qui rendent comptent de cette libéralisation des mœurs et de cette contestation des principes et des autorités anciennes. 


"Deux garçons s'aimant", Christian Schad, Allemagne, 1929.


C - Les économies européennes sont frappées par les conséquences de la crise de 1929

 Les taux de chômage bondissent en Europe. 

Cette déstabilisation du continent dans la majorité des aspects de la vie facilite l'émergence de partis politiques radicaux qui vont petit à petit s'imposer en Europe.

D - Entre 1920 et 1933 la majorité des pays d'Europe bascule dans l'autoritarisme voire le totalitarisme

Avec le soutien des classes possédantes les plus réactionnaires, favorables, dans leur intérêt, à un retour à l'ordre ancien, des régimes anti-démocratiques s'imposent largement dans le continent. 

Quelques exemples : en 1920, l'amiral Horthy, un militaire nationaliste, prend le pouvoir en Hongrie. 

Le 30 octobre 1922, Benito Mussolini prend le pouvoir en Italie après l'épisode de la "marche sur Rome" où ses partisans, armés, marchent vers le siège du gouvernement italien pour demander les pleins pouvoirs pour Mussolini, qui les obtient. 

Benito Mussolini avec les chefs squadristes en 1920.

Des "Marcheurs" Chemises Noires, à Rome, en 1922.


En 1926, en Pologne, le Maréchal Pilsudski devient l'homme fort d'un nouveau régime autoritaire soutenu par les grands propriétaires polonais qui craignent une révolution communiste en Pologne. 

Le 22 janvier 1933, Hitler est appelé à la tête du gouvernement allemand par le président de la république allemande Von Hindenburg. 

En Espagne, la guerre civile (1936-1939) amène au pouvoir le général Franco, qui gouverne au nom du roi d'Espagne quasi sans partage. 

Ainsi, les démocraties sont ainsi minoritaires en Europe jusqu'en 1945 minoritaires.

Mais qu'est-ce qu'un régime totalitaire?   
Quels en sont les principes ? 

II - Les régimes totalitaires européens : doctrines, fonctionnement et répression.

Exercice introductif : Commentaire d'image

“Führer wir folgen dir. Alle sagen ja!” 

“Guide nous te suivons! Tout le monde dit oui!” affiche du début des années 1930.


1) Présentez le document.

2) Par quels moyens cette affiche met-elle en avant une dimension de fidélité quasi féodale au régime et même, au personnage d'Hitler?

3) En quoi ce phénomène est-il inquiétant pour la suite démocratie (la République de Weimar) en Allemagne?


“En avant, pour la victoire du communisme!” 


1) Présentez le document.

2) Quel personnage est mis en avant ici et comment?

3) Peut-on rapprocher cette affiche de l'affiche précédente? Pourquoi?


Un régime totalitaire est un régime politique basé sur le contrôle le plus complet possible et l’encadrement le plus strict possible de ses citoyens.


Les régimes totalitaires sont caractérisés par l’affirmation d’un parti unique, qui n'admet aucune opposition, et dont l'État (dont l’expression est de plus en plus totale dans la société) tend à confisquer la totalité des activités publiques et privées de la société (politique, économique, artistique et même familial). 


L’ambition de l’état totalitaire est de tendre à contrôler l’ensemble des champs sociaux (économie, culture, organisation de la société) jusque dans la sphère privée (famille, religion). Pour y parvenir, les régimes totalitaires tendent à supprimer toute expression qui leur est opposée, ou étrangère et à faire disparaître toute opposition. 


FOCUS


D’où vient l’expression régime totalitaire? Quand apparaît-elle?


L’expression s’impose après la Seconde Guerre Mondiale lorsque la philosophe Hannah Arendt publie Les Origines du totalitarisme, en 1951 (The Origins of Totalitarianism). Le but du mot “totalitarisme” est de mettre en évidence combien les régimes totalitaires n’ont pas seulement comme objectif de s’exprimer et de contrôler la sphère publique politique comme sociale mais aussi la sphère privée (familiale et intime). Pour Hannah Arendt, les états totalitaires ont à cœur de quadriller progressivement toute la société et tout le territoire, en imposant à tous les citoyens, jeunes comme âgés, l'adhésion à une idéologie obligatoire, hors de laquelle tout individu est considéré comme ennemi de l’état et du peuple. 


Hannah Arendt exilée à Paris en 1933 (tourmentée, cigarette en main)


Hannah Arendt (à la cool, couchée sur sa moquette) en 1944, émigrée aux États-Unis.


Hannah Arendt à la fin des années 1960. (FUMER C'EST MAL mais c'est pour le style)


Deux régimes constituent pour Hannah Arendt les régimes totalitaires les plus absolus : L’URSS de Staline et l’Allemagne nazi.


Quels sont pour Hannah Arendt les processus ou facteurs d’installation du totalitarisme? 


Hannah Arendt appuie sa théorie sur plusieurs concept : 

  • La dynamique : le régime totalitaire tend à circonscrire la société et à se construire progressivement par des actions et des mobilisations plurielles (journées à thèmes dans l’Allemagne nazi comme la journée de la famille aryenne ou “front du travail”, meetings de Nuremberg, en URSS les différentes campagnes de mobilisation de la jeunesse, les grands défilés).

  • La dictature d’un parti unique (parti communiste en URSS et parti nazi en Allemagne). 

  • La désignation et la lutte contre un ennemi (réel ou supposé) : juifs en Allemagne et “koulaks” (riches fermiers), capitalistes et anti-communistes en URSS.

  • Les purges. Polices politiques (“Gestapo” “Geheime Staatspolizei” en Allemagne et NKVD “Naródnyy Komissariát Vnútrennikh Del” en URSS) sont chargées de traquer et d'éliminer les ennemis réels ou supposés de l’état totalitaire.

  • Le rêve d’un pays ou d’un monde remodelé par l’idéologie : “victoire mondiale du communisme et dictature du prolétariat” pour l’URSS et “Reich millénaire épuré” pour la doctrine nazie. 

  • L’omniprésence de la bureaucratie. Les représentants élus ne sont plus au centre de la vie politique. Les administrations publiques, entièrement et directement dépendantes du chef suprême enflent, deviennent redondantes, et constituent petit à petit le cœur de l'administration du régime (SA puis SS en Allemagne, NKVD devenant KGB et komsomols en URSS). 

  • La politique de la peur. La population est invitée à dénoncer les opposants, supposés ou réels dont la traque et les jugements sont mis en scène. Opposants ou suspects sont regroupés dans des camps (“goulags” “Glavnoe Upravlenie Lagerei” en URSS, camps de concentration et d’extermination en Allemagne nazie).  


A - L'installation du régime totalitaire nazi : chronologie

Nommé chancelier le 30 janvier 1933, dès le 1er février, Adolf Hitler fait dissoudre le parlement allemand, ou "Reichstag" par le président Paul Von Hindenburg.

Lors de la campagne électorale qui précède les élections de mars 1933, les deux milices du parti nazi (SA et SS), reçoivent des pouvoirs d'auxiliaires de la police pour pouvoir intimider les électeurs en faveur du vote nazi. Les réunions des Parti communiste (KPD), Parti social-démocrate (SPD) et des autres partis d'opposition sont émaillées d’incidents provoqués par les nazis, les opposants du NSDAP sont brutalisés, assassinés. Pour marquer les esprits : SA, SS, et jeunesses hitlériennes multiplient défilés et retraites nocturnes aux flambeaux. Pourtant l'opposition à Hitler demeure forte au Reichstag après les élections.

Définitions :

SA : Sturmabteilung, “détachement tempête”, dirigé par Ernst Röhm et formé dès 1920 est la première milice du parti nazi, initialement chargée de la sécurité des meetings elle devient une force d’intimidation dans les années 1920 et participe au putsch de la brasserie).

SS : Schutzstaffel, ou “section de protection” créée en 1925 la SS est chargée de protéger les dirigeants du parti, de fait, sous la direction de Himmler elle devient une milice nazi entièrement inféodée au Führer et bien plus malléable que l’ancienne SA).

Mais dans la nuit du 27 au 28 février 1933 survient l'incendie du Reichstag. S’appuyant sur une possible responsabilité communiste, Adolf Hitler fait adopter par le président Hindenburg le « décret pour la protection du peuple allemand » ou Reichstagsbrandverordnung qui supprime toutes les libertés individuelles garanties par la Constitution de la Répubique de Weimar.

Par ailleurs, Paul Von Hinderburg légalise par décret la Schutzhaft ou « détention de protection » qui permet d'arrêter et d'emprisonner sans aucun contrôle ni limite de temps un suspect.

En à peine un mois la démocratie est détruite en Allemagne, plus de 10 000 communistes sont arrêtés en Prusse, dont le chef du parti communiste, Ernst Thälmann. À l’été 1933 ce sont 200 000 personnes qui sont internées, entre 7000 et 9000 seront tuées. De nombreux militants de gauche fuient l’Allemagne et de nombreuses figures allemandes s'exilent, comme Thomas Mann, Bertolt Brecht ou Albert Einstein, et cela dès 1933.

Les premiers camps de concentration nazis provisoires apparaissent pour internés les militants communistes, socialistes, et sociaux-démocrates. Le 20 mars 1933, moins d’un mois après l’incendie du Reichstag Heinrich Himmler, le chef de la SS et des polices du Reich, inaugure le premier camp de concentration (de Dachau près de Munich en Bavière).

En 1937 c’est au camp de Buchenwald d’ouvrir ses portes et en 1939 le camp féminin de Ravensbrück est inauguré. En 1939, sept camps existent : Dachau, Sachsenhausen (1936) au nord de Berlin, Buchenwald (1937) près de Weimar, Neuengamme (1938) près de Hambourg, Flossenbürg (1938), Mauthausen (1938) et Ravensbrück (1939). Ils remplacent les multiples camps locaux et prisons politiques ouverts à la suite de la répression démarrée en février 1933.

En 1934, après la mort du président du Reich Paul von Hindenburg, Hitler prend officiellement le titre de Führer, et en 1935 le drapeau nazi devient l'unique drapeau national de l'Allemagne. L'ancien pays est balayé.

Des sections SA (Sturmabteilung) défilent dans Dortmund en 1933 (Rhénanie-du-Nord-Westphalie). La démocratie allemande est déjà mise au pas


La 1re division SS Leibstandarte SS Adolf Hitler entre 1935 et 1942


Dans chaque école, famille, la délation règne. Les opposants au nazisme sont traqués et toute manifestation publique ou privée d'opposition ou de réserve face au régime hitlérien est proscrit.


Enfin, un dirigisme économique est mis en place, Hitler, avec l'appui des grands patrons allemands fait supprimé les syndicats au profit d'une organisation unique : le "front du travail". Pour soutenir l'économie le parti nazi s'appuie sur la "théorie de l'espace vital" : l'Allemagne doit agrandir son territoire pour augmenter sa production agricole et les consommateurs allemands doivent acheter allemand pour soutenir l'économie nationale, l'idée étant de permettre un fonctionnement autarcique du régime.


Par ailleurs, Hitler pratique une coûteuse politique de relance basée sur le réarmement et l'équipement (comme la construction d'autoroutes) à crédit. Ainsi, en 1937, naît la Coccinelle, née de la volonté d'Hitler de créer une automobile familiale bon marché. Cette planification et ce dirigisme d'état économique est financé largement par l'épargne forcée, la hausse des impôts et le crédit. En 1939 les finances du Reich sont proches de la banqueroute.


D - Les juifs : de la discrimination au génocide



TERMINALE GÉNÉRALE 2022-2023 HISTOIRE THÈME 1 - FRAGILITÉS DES DÉMOCRATIES, TOTALITARISMES ET SECONDE GUERRE MONDIALE (1929-1945) CHAPITRE 1 - LA CRISE DE 1929 ET SES RÉPERCUSSIONS SUR LES SOCIÉTÉS, AMÉRICAINES ET EUROPÉENNES

CHAPITRE 1 - LA CRISE DE 1929 ET SES RÉPERCUSSIONS SUR LES SOCIÉTÉS, AMÉRICAINES ET EUROPÉENNES  

Exercice introductif : commentaire de document 



Deux des cinq vues de la série "migrant mother" (représentant Florence Owens Thompson) prise par Dorothea Lange, le 6 mars 1936, près de Nipomo, en Californie. 

1. Présentez les deux documents (Nature, Auteur, Date).
2. Décrivez les deux documents (utilisez un vocabulaire approprié). 
3. En vous appuyant sur vos connaissances et les éléments contextuels de la prise de vue (donnés à l'oral ou trouvés sur Internet via les liens ci-dessous), en quoi pouvez-vous dire que cette photographie constitue à la fois une œuvre artistique autant qu'un témoignage journalistique voire scientifique (quel domaine) ?

Pour aller plus loin :
 https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A8re_migrante 
et https://www.radiofrance.fr/franceculture/2-dollars-les-10-heures-aux-champs-la-photographe-le-sociologue-et-la-grande-depression-9456949

A. LES CAUSES DE LA CRISE ÉCONOMIQUE DE 1929 

Un krach boursier est à l'origine de la crise de 1929
Ce krach démarre le jeudi 24 octobre 1929, on parle de "Jeudi noir" ou  "Black Thursday". C'est le premier jour de la crise spéculative qui ouvre la crise de 1929 qui débouche sur la Grande Dépression

La crise est d'abord spéculative. Quel mécanisme ? En 1929 les valeurs des actions sont surévaluées par les acteurs des marchés financiers et si l'activité économique américaine a bien augmenté de 50% entre 1920 et 1929, les actions ont connu sur la même période une augmentation de valeur de 300%. Le décalage entre les résultats réels de l'économie américaine et leur appréciation par les acteurs financiers est donc très important. Les actions et tous les actifs boursiers américains sont surévalués.  

Par ailleurs, la bourse new-yorkaise autorise depuis 1926 l'achat d'actions contre un dépôt d'à peine 10% de couverture du prix total. Ce qui favorise la spéculation. Les acteurs achètent et vendent sans avoir forcément réellement les fonds nécessaires à régler leurs achats (c'est le système des call loans ou emprunts à appel).

Or depuis le début de l'année 1929, l'économie américaine connaît un moment de ralentissement de la croissance de ses profits et de la croissance de son activité en général. Un exemple, les ventes de voitures stagnent, et des financiers comme Charles Merrill (l'un des fondateurs de la banque Merrill Lynch) émettent les premiers soupçons quant à la poursuite des progrès des profits de l'économie américaine pour 1930, et déconseille les achats à crédit. Le jeudi 24 octobre, à l'ouverture de la bourse de New-York, très peu d'ordres d'achats ouvrent la journée. Un vent de panique secoue alors la bourse. Les acteurs financiers du marché commencent à vendre massivement leurs actions et en moins d'une semaine plus de 30 millions d'actions sont revendues à perte. Les valeurs boursières américaines perdent alors en une seule semaine environ 30 milliards de dollars en valeur, c'est plus que toutes les dépenses américaines liées à l'engagement dans la Première Guerre mondiale. 

Les valeurs boursières effondrées, c'est toute l'économie américaine qui se grippe. En effet, les banques, qui avaient gagé leurs possibilités de crédits sur les valeurs boursières hautes voient leurs réserves de fonds disparaître. Sans fonds propres, les banques doivent geler leur offre de crédit. Les banques cessant de prêter, les ménages et les entreprises qui s'équipaient massivement à crédit sont déstabilisés. Les investissements des ménages comme des entreprises sont freinés. Les achats d'équipement aussi. 

Dans le même temps, de nombreux propriétaires de capitaux cherchent à récupérer leurs fonds. Les épargnants vident leur compte en banque contre des liquidités ou de l'or. Certaines banques de dépôts font alors faillite (5000 banques américaines sur les 23 000 existantes disparaissent lors de la crise) précipitant de nombreux épargnants dans la misère. 

Or, à la même période, l'économie américaine qui avait mal anticipé la crise est en surproduction. L'offre de biens est supérieure à la demande. Les prix s'effondrent (c'est la déflation). Les investissements stoppent également, l'économie américaine entre alors dans une période durable de récession.

B. DÈS 1930 LA CRISE DEVIENT MONDIALE

Problème, à la faveur de la Première Guerre mondiale, les banques américaines et donc les épargnants américains étaient devenus les principaux créanciers de la reconstruction et du développement du continent européen. L'Allemagne et l'Autriche (en premier lieu), mais aussi la France et l'Angleterre, sont largement bénéficiaires de capitaux américains en 1929.

À partir du 24 octobre 1929 et du crach, tout change. Les banques et investisseurs américains retirent leurs capitaux d'Europe pour récupérer des fonds. Avec un à deux ans de retard, le continent européen plonge alors dans la crise. En 1930 pour l'Allemagne et l'Autriche, en 1931 pour la France et l'Angleterre.

Par ailleurs les États-Unis rétablissent leurs barrières douanières en 1930 (avec la loi Hawley-Smoot promulguée le 17 juin 1930, qui augmente de 40 % les droits de douanes sur le blé, le coton, la viande et les produits industriels), ils seront suivis par les autres grandes économies importatrices du monde. Ce retour du protectionnisme affecte particulièrement les pays ayant misé sur un développement intense de leur commerce extérieur comme l'Autriche, le Japon, l'Allemagne ou le Royaume-Uni). La France est touchée plus tardivement et moins profondément par la crise. Par contre les effets y seront plus durables et ce sont surtout ses secteurs exportateurs qui sont touchés (comme le vin). 

Les colonies des pays européens (Afrique et Asie) et leurs anciennes colonies (en Amérique Latine) voient se réduire les débouchés pour les matières premières dont elles sont exportatrices et sont frappées durement. Les exportations de la Bolivie et du Chili, entre 1929 et 1932, diminuent de plus de 50 %, voire de 70 % le Pérou. Au Chili, les exportations, suite à la baisse du prix du cuivre, s’écroulent de plus de 80 %. On parle pour ces pays plus spécifiquement de la crise des produits du dessert (le nom venant du fait que la crise a largement frappé les marchés du café, du sucre et des huiles de palme et d'arachide, des produits utilisés en pâtisserie).

C. LA CRISE MARQUE DURABLEMENT LES ÉCONOMIES DU MONDE

La crise de 1929 ouvre une période de dépression économique qui durera jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale : la Grande Dépression. Des millions d'agriculteurs et d'ouvriers perdent leur emploi et parfois leurs biens (voitures, maisons, appartements, exploitations agricoles ou boutiques). Dans les colonies, les conditions de vie des populations sont sacrifiées au profit du sauvetage des économies des métropoles. 

Les salaires baissent et le chômage explose. En Allemagne le nombre de chômeurs atteint 6 millions de personnes début 1933 quand Adolf Hitler est nommé chancelier. Le nombre de chômeurs américains grimpe en flèche. Ils sont 4 millions de chômeurs recensés en 1930, 8 millions en 1931 puis 12 millions en 1932, représentant alors plus d’un quart de la population active américaine.

Par ailleurs, entre 1934 et 1940, l'Amérique du Nord est frappée par des épisodes de sécheresse intense et une érosion dramatique des sols agricoles, accompagnés de véritables tempêtes de sable et de poussière. Le Colorado, le Kansas, le Nebraska, le Nouveau-Mexique, l'Oklahoma, et le Texas sont particulièrement touchés, on parle pour les portions de ces états les plus touchés dans la presse américaine du Dust Bowl (le "bassin de poussière").

Pour aller plus loin quelques lectures : 

La crise de 1929, de Pierre-Cyrille Hautcoeur, (2009) l'historien Pierre-Cyrille Hautcoeur analyse les ressorts de l'apparition puis de l'extension de la crise de 1929 (il existe aussi un très bon Que sais-je sur la crise de 1929, La Crise de 1929 par Bernard Gazier, 2011)

Hard times : Histoires orales de la Grande Dépression, de Louis Studs Terkel, l'édition de 2008 des éditions Amsterdam est accompagnée de photographies de Dorothea Lange, qui avait documenté les conséquences de la crise pour la Farm Security Administration. Le livre présente des témoignages bruts et directs de personnes ayant vécu la crise de 1929 et ses conséquences. Louis Studs Terkel, auteur et journaliste, surtout radio, est l'un des piliers de l'école américaine d'histoire orale. Il obtiendra le prix Pulitzer pour son histoire orale de la Seconde Guerre mondiale. 

Louons maintenant les grands hommes, de James Agee. Beau livre paru dans l'incontournable collection Terre humaine (Plon, 1993 pour la France), un peu moins vivant et global que Hard Times car les témoignages sont beaucoup plus longs et moins de dix familles sont ici interrogées. Mais toujours incontournable, surtout pour les photographies de Walker Evans.

Le long mais incroyable Les raisins de la colère, et le très court mais admirable Des souris et des hommes, de John Steinbeck (parus en 1939 et 1937). Deux œuvres de fiction qui vous plongeront dans les conséquences rurales de la Grande Dépression. Deux vrais drames. Remuants. Incontournables.

D'autres ressources dans cette liste de lecture Babelio : https://www.babelio.com/liste/5782/Grande-Depression-Les-tats-Unis-en-crise


D. LA CRISE MARQUE DURABLEMENT LES ÉCONOMIES DU MONDE

La crise de 1929 ouvre une période de dépression économique qui durera jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale : la Grande Dépression. Des millions d'agriculteurs et d'ouvriers perdent leur emploi et parfois leurs biens (voitures, maisons, appartements, exploitations agricoles ou boutiques). Dans les colonies, les conditions de vie des populations sont sacrifiées au profit du sauvetage des économies des métropoles. 


Les salaires baissent et le chômage explose. En Allemagne le nombre de chômeurs atteint 6 millions de personnes début 1933 quand Adolf Hitler est nommé chancelier. Le nombre de chômeurs américains grimpe en flèche. Ils sont 4 millions de chômeurs recensés en 1930, 8 millions en 1931 puis 12 millions en 1932, représentant alors plus d’un quart de la population active américaine.


Par ailleurs, entre 1934 et 1940, l'Amérique du Nord est frappée par des épisodes de sécheresse intense et une érosion dramatique des sols agricoles, accompagnés de véritables tempêtes de sable et de poussière. Le Colorado, le Kansas, le Nebraska, le Nouveau-Mexique, l'Oklahoma, et le Texas sont particulièrement touchés, on parle pour les portions de ces états les plus touchés dans la presse américaine du Dust Bowl (le "bassin de poussière").

Pour aller plus loin : https://histoire-image.org/etudes/crise-1929-etats-unis-allemagne

Pour aller plus loin quelques lectures : 

La crise de 1929, de Pierre-Cyrille Hautcoeur, (2009) l'historien Pierre-Cyrille Hautcoeur analyse les ressorts de l'apparition puis de l'extension de la crise de 1929 (il existe aussi un très bon Que sais-je sur la crise de 1929, La Crise de 1929 par Bernard Gazier, 2011)


Hard times : Histoires orales de la Grande Dépression, de Louis Studs Terkel, l'édition de 2008 des éditions Amsterdam est accompagnée de photographies de Dorothea Lange, qui avait documenté les conséquences de la crise pour la Farm Security Administration. Le livre présente des témoignages bruts et directs de personnes ayant vécu la crise de 1929 et ses conséquences. Louis Studs Terkel, auteur et journaliste, surtout radio, est l'un des piliers de l'école américaine d'histoire orale. Il obtiendra le prix Pulitzer pour son histoire orale de la Seconde Guerre mondiale. 


Louons maintenant les grands hommes, de James Agee. Beau livre paru dans l'incontournable collection Terre humaine (Plon, 1993 pour la France), un peu moins vivant et global que Hard Times car les témoignages sont beaucoup plus longs et moins de dix familles sont ici interrogées. Mais toujours incontournable, surtout pour les photographies de Walker Evans.


Le long mais incroyable Les raisins de la colère, et le très court mais admirable Des souris et des hommes, de John Steinbeck (parus en 1939 et 1937). Deux œuvres de fiction qui vous plongeront dans les conséquences rurales de la Grande Dépression. Deux vrais drames. Remuants. Incontournables.


D'autres ressources dans cette liste de lecture Babelio : https://www.babelio.com/liste/5782/Grande-Depression-Les-tats-Unis-en-crise


D. Des réponses gouvernementales variées. 


Aux Etats-Unis, l'administration du président Hoover (élu en mars 1929) n'avait pas voulu voir venir la crise. Il faut préciser que le président Herbert Hoover avait construit toute sa campagne électorale sur le soutien à la croissance économique, déclarant par exemple : « le chômage, avec son corollaire la détresse, est en grande partie en train de disparaître dans notre pays. Nous sommes aujourd'hui, en Amérique, plus près du triomphe final sur la pauvreté qu'aucun autre pays ne l'a jamais été » ou encore « A chicken in every pot, a car in every garage  ». En mars 1929 il déclare encore : « Achetez maintenant, la prospérité est au coin de la rue ».

Les gouvernements des pays du monde répondent différemment à la crise. 

Aux Etats-Unis, la nouvelle administration du Président Franklin Delano Roosevelt élu en 1932 lance la politique du « New Deal ». Plus de 11 milliards de dollars sont débloqués par l'administration américaine pour soutenir l'économie et imposer une planification légère. Ce plan, pragmatique et formalisé réellement après l'élection de novembre 1932 est largement inspiré par les travaux d'un jeune économiste, John Maynard Keynes, inspirateur du keynésianisme, théorisation des politiques de relance (prêt de l'état et achats publics pour soutenir l'économie à crédit sur le temps court, l'idée étant que les crédits dépensés sont ensuite récupérés par l'impôt). Des administrations spéciales sont créées comme l'Industrial Recovery Administration ou la Farm Security Administration (c'est cette administration, créée en 1937, qui emploie Dorothea Lange). 


Des mesures sociales sont mises en place. Au niveau local, des soupes populaires, au niveau national et étatique le gouvernement assouplit la législation du travail et abolit la prohibition. En 1935 les Etats-Unis instaurent un système d'assurance vieillesse par la loi dite Social Security Act. En 1935 également, les lois limitant l'activité syndicale et le recours à la grève sont supprimées. C'est le début du Welfare State ou état-providence aux Etats-Unis. 


En France, la crise provoque une série de grèves et de manifestations dont une journée de manifestation débouchant sur  une émeute violente provoquée par l'extrême-droite le 6 février 1934. 

Face à la menace de l'émergence d'un front fasciste uni en France, révélée par le 6 février 1934. La Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO, socialistes), le Parti radical (centre-gauche) et le Parti communiste (qui ne participe pas directement au gouvernement) s'unissent en vue des élections de mai 1936. Cette coalition de gauche prend le nom de Front Populaire avec à sa tête comme président du conseil Léon Blum. 


Encouragé par les grandes grèves de mai à juin 1936 (chez Renault, Breguet ou Latécoère, aviation), le gouvernement impose les accords de Matignon, en échange de l'évacuation des usines. Ces accords modifient largement l'organisation du travail en France : 

- création de deux semaines de congés payés avec tarif spécial de -40% sur les billets de train ("tarifs Léo Lagrange" du nom du sous-secrétaire d'État aux loisirs et au sport créé par le Front Populaire).

- hausse des salaires, 

- semaine de 40 heures, 

- première caisse de retraite publique (pour les mineurs), 

- allocations chômage, 

- nationalisations des usines d'armement et création de la SNCF. 


Le Front Populaire nomme le premier gouverneur noir (Félix Eboué, au Tchad) et permet la libre circulation des étrangers sur le seuil national. 


En Italie et en Allemagne également, l'état lance une politique de grand travaux (construction d'autoroutes, soutien à l'équipement) partiellement financé dans ces pays autoritaires par des systèmes d'épargne obligatoire et de souscription (par exemple pour la future « Coccinelle », financée par une souscription jamais réalisée par le Troisième Reich, les premières voitures livrées aux particuliers ne le seront qu'après la guerre). C'est également le réarmement, financé à crédit, qui permet de soutenir les économies allemandes, japonaises et italiennes dans les années 1935-1940.


Les états pratiquent également des politiques de dévaluation (la convertibilité de la monnaie en or est dégradée dans le but de favoriser les exportations et freiner les importations). Mais comme dans le même temps, les états industrialisés augmentent leurs tarifs douaniers, ces politiques ne font qu'appauvrir les populations. 


Après l'échec de la conférence de Londres en 1933, chargée de mettre en place une coopération monétaire autour des pays européen (dans le but pour l'Angleterre et la France de sauver la convertibilité en or de leurs monnaies) l'Angleterre et la France privilégient un repli sur leur empire colonial. Le Japon et l'Allemagne défendent une politique d'autarcie. Les consommateurs sont contraints à ne consommer que des productions nationales. Ainsi, dans le monde, entre 1929 et 1939, le commerce international chute de 30% en volume.


Japon, Allemagne et Italie lancent des expéditions militaires à visée coloniale : l'Italie envahit l'Erythrée en 1935, le Japon le Nord de la Chine 1937 et enfin l'Allemagne entreprend à partir de 1935 le réarmement de son territoire et son extension. Ainsi le 13 janvier 1935, après plébiscite, le territoire du Bassin de la Sarre revient à l'Allemagne, le 7 mars 1936, le pays occupe militairement la zone démilitarisée de la Rhénanie, le 13 mars 1938, l'Allemagne annexe l'Autriche lors de l'Anschluss, le 30 septembre 1938, le pays annexe les Sudètes au détriment de la Tchécoslovaquie (suivant les accords de Munich) puis le 15 mars 1939 crée le protectorat de Bohême-Moravie. Le 23 mars 1939, Hitler ordonne l'annexion du territoire de Memel, alors sous contrôle de la Lituanie. Enfin le 1er septembre 1939 est lancé l'invasion de la partie Ouest de la Pologne. C'est le début de la Seconde Guerre mondiale.



THEME 7 - L'émergence du Christianisme et la fin de l'Antiquité

 A - LA NAISSANCE DU MONOTHÉISME CHRÉTIEN

Le Christianisme est une religion monothéiste qui apparaît au premier siècle de notre ère. Cette religion est basée sur les enseignements d'un prophète, Jésus, qui vécu en Palestine, alors province romaine, au temps des empereurs Auguste et Tibère. 

La date de naissance de Jésus-Christ a été instituée au Moyen-Âge comme date de référence de notre calendrier. L'an 0 marque ainsi la naissance de Jésus. Aujourd'hui, on considère qu'il est plutôt né vers -4.  

Jésus est, selon les Évangiles (les 4 livres sacrés du christianisme qui racontent sa vie) née à Bethléem dans la lignée du roi David. 

Jésus est considéré par les Chrétiens comme le Messie, le Fils de Dieu. Il est, selon les textes évangéliques, crucifié à Jérusalem à l'âge de 33 ans. 

 

Peut-être la plus vieille représentation de la nativité connue : la Nativité du sarcophage des Saints Innocents de la crypte de la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, IVème siècle ou Vème siècle après Jésus-Christ.

1. Présentez le document (Nature, Auteur, Date, Intérêt ou Argument)
2. Retrouvez la scène de la nativité, où est-elle située ?
3. Décrivez la scène de la nativité. 
4. Qui pouvait avoir passé commande d'un tel sarcophage, pourquoi ?

HISTOIRE - CLASSE DE TROISIÈME - THÈME 5 - LA GUERRE FROIDE

 A - Une division entre vainqueur qui apparaît dès la guerre.

Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, deux grandes puissances nouvelles se dégagent dans le concert des nations : les États-Unis et l'URSS. 

URSS et États-Unis ont été au premier rang de la victoire contre le Reich hitlérien et l'Empire du Japon, permettant ainsi de libérer l'Europe et l'Asie occupée et même une partie de l'Afrique. En 1945 leur prestige est immense, elles sont les plus grandes puissances mondiales. L'URSS car son armée est la plus nombreuse du monde, les Etats-Unis, car ils ont l'industrie la plus puissante et ont créé et utilisé la bombe atomique. 

Mais des désaccords sont apparues entre les deux alliés dès 1943. Malgré les dénégations de Staline, les Alliés occidentaux ont des doutes sur les intentions du gouvernement de l'URSS à garantir la paix, la liberté et la démocratie chez les peuples qu'ils ont libéré. Par ailleurs, dès 1943, les Américains possèdent les preuves de la responsabilité des Soviétiques dans les massacres de la forêt de Katyn ou 20 000 membres de l'élite polonaises libérale sont assassinés par les membres du NKVD soviétiques en 1940. 

En 1946 la rupture entre l'Ouest, favorable à la restauration de la démocratie en Europe et sous influence américaine et l'Est, sous domination soviétique est consommée.

Dans le discours de Fulton, prononcé par Winston Churchill alors ex-premier ministre, lors d'une conférence aux États-Unis en 1946 : Winston Churchill utilise l'expression "rideau de fer" pour expliciter la séparation du continent entre deux blocs. 

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe centrale et orientale sont occupées par l'Armée rouge (l'armée soviétique) qui a libéré la majeure partie de ces territoires, d'Est en Ouest. 

Et dans le but d'étendre l’extension mondiale du communisme, l'URSS n'hésite pas à utiliser sa présence militaire dans les pays qu'elle occupe pour soutenir l'émergence de gouvernements communistes ou au moins favorables aux Soviétiques dans ces pays.

Document 1 : extrait du discours de Fulton par Winston Churchill

« De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l'Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent. Derrière cette ligne se trouvent toutes les capitales des anciens États d'Europe centrale et orientale. Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia, toutes ces villes célèbres et les populations qui les entourent se trouvent désormais dans ce que je dois appeler la sphère soviétique, et sont toutes soumises, sous une forme ou sous une autre, non seulement à l'influence soviétique, mais aussi à un degré très élevé et, dans beaucoup de cas, à un degré croissant, au contrôle de Moscou. Le gouvernement polonais dominé par la Russie a été encouragé à empiéter largement et de façon illégitime sur l'Allemagne, et nous assistons actuellement à des expulsions massives de millions d'Allemands dans une mesure atroce et inimaginable. Les partis communistes, qui étaient très faibles dans tous ces États de l'Est européen, se sont vu élevés à une prédominance et un pouvoir bien au-delà de leur importance numérique et cherchent partout à accéder à un contrôle totalitaire. Des gouvernements policiers dominent dans presque tous les cas et, jusqu'à présent, à l'exception de la Tchécoslovaquie, il n'y a pas de vraie démocratie. Si le gouvernement soviétique tente maintenant, par une action séparée, de construire une Allemagne pro-communiste dans les régions qu'il contrôle, cela va provoquer de nouvelles difficultés sérieuses dans les zones britannique et américaine, et donner aux Allemands vaincus le pouvoir de se mettre eux-mêmes aux enchères entre les Soviétiques et les démocraties occidentales. Quelles que soient les conclusions que l'on peut tirer de ces faits - car ce sont des faits - ce n'est certainement pas là l'Europe libérée pour la construction de laquelle nous avons combattu. Ce n'est pas non plus une Europe qui présente les caractéristiques essentielles d'une paix durable.

1. Quelle expression utilise Winston Churchill pour désigner la frontière entre les pays occidentaux sous influence anglo-américaines, et selon lui, libres et démocratiques, et les pays sous influence soviétique, où, selon lui, l'exercice des libertés publiques est en train de disparaître? 
2. Quels faits met en avant Winston Churchill pour appuyer l'idée que les libertés sont en train de disparaître dans la partie orientale de l'Europe? 
3. Au profit de quelle puissance? 
4. Quel nom de ville est utilisé pour la désigner?
5. Quel processus pointe-t-il en Allemagne qui selon lui peut poser problème à peine un an après la fin de la guerre (et qui entraînera quoi)?

B. L'installation d'un monde bipolaire
 
L'Europe, est lieu d'émergence des tensions entre États-Unis et Union Soviétique et les premières crises de ce qui sera qualifiée de "Guerre froide" se déroulent en Europe. 

Guerre Froide : nom donné à la période de fortes tensions géopolitiques entre : d'une part, les États-Unis et leurs alliés (le bloc de l'Ouest) et d'autre part l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et ses États satellites ( qualifiés aussi de "démocraties populaires", ou bloc de l'Est) durant la seconde moitié du xxe siècle (de 1945 à 1989). Elle s’achève par la disparition de l'URSS, acté par sa dissolution en décembre 1991.  

La première étape de la Guerre froide est la mise en place des démocraties populaires par l'URSS à partir de 1945. 

En Bulgarie, dès septembre 1944 les communistes présents au sein du "Front patriotique" (qui a pris le pouvoir le 9 septembre 1944 avec l'appui de l'Armée rouge) organise des épurations ciblées. Dès 1946, la République populaire de Bulgarie est proclamée et les partis d'opposition disparaissent. 

En Pologne, en janvier 1947, à la suite d'élections truquées les communistes polonais du comité de Lublin prennent le pouvoir à Varsovie au détriment du gouvernement polonais légitime en exil à Londres depuis 1940.

En Roumanie, les partis d'opposition sont dissous et le 30 décembre 1947 le roi est contraint à l'abdication, dans la foulée est proclamée la République Populaire Roumaine.

En Tchécoslovaquie, en février 1948, les communistes tchécoslovaques concentrent tous les pouvoirs suite aux actions de milices ouvrières, c'est le "coup de Prague"

Bien que ce coup de force paramilitaire soit dénoncé par les Occidentaux, ceux-ci n'interviennent pas, l'URSS n'ayant pas participé directement aux événements et les Alliés ne souhaitant pas d'affrontement direct. 

La doctrine officielle du président américain républicain Harry Truman demeure à partir de 1945 celle de la simple limitation de l’expansionnisme soviétique ou "containment" (en français "endiguement).

Les Américains ne chercheront pas à faire reculer le communisme en Europe par la force mais à seulement empêcher son extension hors des démocraties populaires nées avant 1948, pour éviter tout affrontement direct avec leur ancien allié. 

En 1947, en URSS, le rapport Jdanov est rendu public. L'URSS oppose dans sa propagande le "camp impérialiste" (les occidentaux) contre "camp des pacifistes" (les soviétiques).
 
https://www.cvce.eu/content/publication/2003/3/26/8e323521-600c-4d23-902c-171a217c3b0e/publishable.jpg 
Caricature allemande exposant les différences en matière de vie politique entre l'Est et l'Ouest de l'Europe après 1945.

1. Qui sont les personnages géants représentés, que personnifient-ils
2. Qui sont représentés par les petits personnages en blanc? 
3. Que cherchent à faire les deux grands personnages avec leurs couvre-chefs?
4. Quel problème rencontre le personnage de gauche que ne rencontre pas le personnage de droite et pourquoi?
5. Quelle est dès lors l'idée générale du dessin?

Ci-dessous, caricature de John Collins : Semis de printemps, 1948


1. Avec l'aide de votre enseignant présentez le document et décrivez-le.
2. Quelle est donc la position de l'artiste J. Collins vis-à-vis de la Guerre froide ? 

Face à la politique russe d'expansion du communisme la réponse américaine 
sera : 
- l'accélération de la mise en place du plan Marshall un plan d'aide américain de 16,5 milliards de dollars de crédit (l'équivalant de 175 milliards de dollars en 2022) décidé pour aider au redressement de l'économie libérale de l'Europe de l'Ouest et mis en place à partir de 1948.
- la création de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord) une alliance militaire visant à prémunir l'Europe d'une agression soviétique par l'occasion d'une défense commune. En cas d’agression soviétique, tous les pays de l'OTAN se promettent mutuelle assistance le 4 avril 1949 lors de la signature du traité.

Les Américains, craignant pour la survie de la démocratie en Europe, acceptent l'idée de maintenir des troupes après guerre sur le territoire européen et de s'investir dans le remodelage du continent, en premier lieu en Allemagne.
 
La guerre froide est caractérisée comme étant un conflit surtout diplomatique et économique, un affrontement indirect. Jamais entre 1947 et 1991 les deux ennemis (États-Unis et Union Soviétique) n'entreront en guerre l'un contre l'autre. 

C. La Guerre froide : une suite de périodes de crises aiguës et de périodes de détente.

Première grande crise, le blocus de Berlin :
Entre 1948 à 1949, les soviétiques empêchent tout ravitaillement de Berlin Ouest (occupés par les Occidentaux) pour protester contre l'unification des zones d'occupation américaine, française et anglaise en Allemagne (unification voulue en réaction à la fermeture de l'économie Est-allemande par les Soviétiques).

Puis entre 1950-1953, la Guerre de Corée : l'affrontement devient mondial. 
Suite à l'offensive de l'armée Nord-coréenne, les Occidentaux, sous mandat de l'ONU, garantissent l'intégrité de la Corée du Sud et ramène la ligne de démarcation entre les deux Corées au 38ème parallèle. 

1961 : Le mur de Berlin. Pour empêcher la fuite des citoyens Est-allemand, la RDA militarise la frontière entre les deux Allemagnes. 

1962 : crise de Cuba. En 1962, le président américain John Fitzgerald Kennedy menace l'URSS de Nikita Kroutchev d'une guerre nucléaire si le gouvernement soviétique n'abandonne pas son projet d’installation de missiles sur l'île de Cuba. 

La crise de 1962 entraîne une période de détente entre les deux Grands. L'imminence d'une guerre nucléaire amène la création d'un téléphone d'urgence (le "téléphone rouge" entre le Kremlin et la Maison blanche). 

En 1964 les Etats-Unis soutiennent le gouvernement du Sud Vietnam contre le Nord VietNam, soutenu par la Chine et l'URSS. La guerre du Vietnam dure jusqu'en 1975 , date du retrait final américain et de la victoire du Nord. 

En 1968 la jeunesse de Prague se soulève contre le pouvoir soviétique et pour réclamer le retour de la démocratie. Cette révolte, le "printemps de Prague" est écrasée par l'armée soviétique, le bilan de la répression fait état d'un peu moins de 100 morts.

Les années 1970 sont marqués par une nouvelle période de détente favorable à un déployement d'experts soviétiques en Amérique centrale et en Afrique, la déploiement des missiles SS-20 soviétiques en Europe de l'Est provoque une nouvelle escalade. L'OTAN déploie en Europe de l'Ouest les missiles MGM31-Pershing. La crise dure de 1977 avec le déploiement des missiles SS-20 jusqu'en 1987 avec le retrait partiel des armements disposés. 

Entre 1979 et 1988, c'est la Guerre en Afghanistan. L'Union soviétique envahit le pays pour soutenir le régime communiste au pouvoir. La guerre s'achève en 1989 par un retrait soviétique. La guerre, très violente, 
a épuisé les forces du pays.
 
En 1991 l’Union soviétique disparaît. Son dernier président Mikael Gorbatchev démissionné en décembre 1991.


 
 
 
 

Cours de Cinquième - histoire - La Renaissance



LA RENAISSANCE : UN TEMPS DE TRANSFORMATION ARTISTIQUE, SCIENTIFIQUE, POLITIQUE ET RELIGIEUSE 

A - Un temps de redécouverte des modèles antiques et de dépassement des canons artistiques médiévaux 

À partir du XVe siècle sont découverts ou remis en valeur les monuments et les arts issus de l’Antiquité gréco-romaine. 

Ainsi, la république de Venise ramène de ses campagnes militaires des statues antiques grecques qu’elle expose devant ses monuments publics comme les lions de l’Arsenal (des sculptures antiques représentant des lions et ramenées des îles grecques collectés jusqu'au XVIIIe siècle).  


Le Lion du Pirée et les prises de guerre des Vénitiens, quatre lions Grecs  devant l'entrée de l'Arsenal de Venise. | E-Venise.com

 Les lions et lionnes grecs de l'Arsenal de Venise

  

Le lion du Pirée (le port antique d'Athènes) ramené à Venise au 17ème siècle

On peut citer également les chevaux de la basilique Saint-Marc à Venise. Ces quatre chevaux de bronze doré auraient été réalisés en Grèce au IVe siècle av. J.-C. et installé sur l'île de Rhodes ou celle de Chios puis transférés à Constantinople puis installé dans l'hippodrome de la ville que l'empereur Constantin érigea en nouvelle capitale de l'Empire romain à partir de 330 après Jésus-Christ. Les chevaux sont toujours présents dans la ville quand en 1204,  durant la Quatrième croisade, les troupes vénitiennes participent au sac (pillage) de la ville. Le doge Enrico Dandolo fait alors saisir les chevaux et les fait transporter à Venise sur des galères. 

Ramenés à Venise, ils sont installés sur la façade de la basilique Saint-Marc en 1254 pour symboliser la puissance de la ville de Venise et le triomphe de la foi catholique sur la foi orthodoxe. 

Ces chevaux sont ensuite copiés et servent d'inspiration à de nombreux sculpteurs (comme Donatello) ou graveurs (Dürer) de la Renaissance. Pétrarque (un écrivain du 14ème siècle) les cite comme "chefs d’œuvre de l'art antique". Ils sont un symbole de la redécouverte de l'art antique.

Les chevaux de Saint-Marc

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bb/Horses_of_Basilica_San_Marco_bright.jpg/254px-Horses_of_Basilica_San_Marco_bright.jpg

À Rome, à la fin du xve siècle, un jeune homme  tombe dans un trou sur les pentes au nord du Colisée et découvre à l’intérieur des salles voûtées ornées de fresques, les fresques de la « domus aurea » le palais de Néron achevé en 69 après J.-C. et presque aussitôt partiellement détruit et enseveli. 

Ainsi découvertes ces fresques antiques inspirèrent un nouveau style de décoration plein de fantaisie, le « grotesques » (de « grotte »). Les célèbres artistes Raphaël et Michel-Ange, descendent alors à leur tour, descente qui révéla chez eux l’envie de mettre au jour l’art antique et de s’en inspirer. Raphaël en tira ainsi la majeure partie de son inspiration pour la décoration des Loges de Raphaël dans le palais papal du Vatican.

Domus aurea — WikipédiaLa Domus Aurea de l'Empereur Néron rouvre partiellement au public - 29  octobre 2014 - lejournaldesarts.frA Rome, fresques et toilettes du premier palais de Néron ouvrent au public  - 15 avril 2019 - lejournaldesarts.fr 

Les fresques de la Domus Aurea

Raphaël, les loges du Vatican, 1517 | Art, Fresque, Xviiième siècle

Les grotesques réalisées par Rafael au Vatican entre 1518 et 1519

En 1506 est découvert lors de travaux de terrassement sur la colline antique de l'Esquilin le "groupe de Laocoon", une célèbre statue hellénistique décrite par l'historien Pline puis perdue. Rafael est subjugué par le réalisme de la sculpture. La découverte du Laocoon bouleverse l'art européen du XVIème siècle.

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Dans la foulée de ces découvertes les princes italiens (comme Côme de Médicis né en 1389 et mort en 1464 et qui règne sur la ville de Florence) et les papes (comme le pape Jules II né en 1443 et mort en 1513) soutiennent les artistes en leur commandant des œuvres (comme les fresques de la chapelle Sixtine réalisées pour Jules II par Michel-Ange entre 1508 et 1512). 

Il Divino : la chapelle Sixtine comme vous ne l'avez jamais vue - 3DVFLa création du monde, l'une des plus célèbres fresque peinte dans la chapelle Sixtine par Michel-Ange. 

B - Un temps d'avancées scientifiques majeures

La Renaissance est également un temps majeur de progrès scientifiques et techniques. 

Favorisés par l'effritement du pouvoir de l’Église et l'émergence de grands princes et rois puissants qui financent académies, écoles et universités les sciences modernes émergent. La connaissance n'est dès lors plus basée sur les textes religieux, leurs commentaires ou les avis rendus par les autorités religieuses mais sur l'observation vérifiée et l'étude des textes antiques (donc païens) et des sciences arabes découvertes à la faveur des croisades. 

Un bon exemple de ce processus de découverte puis de dépassement des sources antiques et enfin de réécriture par l'observation est celui des études anatomiques réalisées par André Vésale. 

Né en 1514, André Vésale se passionne très tôt pour les sciences naturelles et les squelettes. Né à Bruxelles près du "mont de la potence" dans une famille de médecin il aurait très jeune collectionné les ossements animaux et humains (ossements récupérés près du gibet voisin). Après avoir étudié à Bruxelles puis à Louvain il vient étudier à Paris en 1533.  Il réside à Paris éloigné du centre-ville (il habite rue de la Grange-aux-Belles) mais tout près du gibet de Montfaucon (sans doute l'actuelle place du colonel Fabien). Il est également régulièrement vu déterrant des ossements dans le vieux cimetière médiéval des Innocents. 

Il étudie de nouveau à Louvain (en Belgique) puis à Padoue (en Italie). Il obtient son doctorat à Padoue en 1537 puis est nommé par le Sénat de Venise à un poste de lecteur en chirurgie. Au sein de la république de Venise il enseigne l'anatomie en se basant sur ses propre dissection. Fidèle lecteur du médecin antique grec du IIe siècle Galien, dont les textes sont connus en Europe via les traductions et synthèses produites par les savants arabes du XIe et XIIe siècle comme Avicenne (980-1037), il est étonné par les différences qu'il constate entre les organes humains tels qu'il les voit lors de ses dissections et les descriptions qu'en avait fait Galien. 

André Vésale acquière rapidement la certitude que les travaux de Galien s'appuient non pas sur des dissections d'homme, mais sur des dissections de singes, sans doute des macaques d'Afrique du Nord ou singes magots. André Vésale réécrit dès lors complètement l'anatomie humaine au prisme de ses observations, aboutissant avec l'aide d'artistes et d'imprimeurs à la production de traités de médecines et d'anatomie qui seront la base de la naissance de la médecine moderne en Europe. 

Planches anatomiques réalisées sous la direction d'André Vésale.



 C - Affirmation du pouvoir royal et conflits religieux

La Renaissance est aussi une période de remise en cause du pouvoir de l'Eglise et de concentration des pouvoirs politiques, militaires et judiciaires dans les mains du roi. 

La façon de penser des hommes se transforme, surtout à partir du XVIe siècle. Les intellectuels de la Renaissance mettent désormais au centre de leurs préoccupations l'homme et ses besoins. Les connaissances s'inspirent désormais de l'observation et non plus seulement des textes religieux. L'Antiquité païenne (les textes hérités de la Rome antique et de la Grèce antique) devient également un modèle, une inspiration. 

Un nouveau modèle d'homme apparaît : l'humaniste. Les humanistes souhaitent un plus grand accès des hommes à la connaissance. Ils communiquent par lettres et font imprimer également des livres pour faire circuler leurs idées. Léonard de Vinci, mais aussi Erasme de Rotterdam sont deux humanistes célèbres. 

Au début du XVIe siècle, l'Eglise catholique voit son rôle remis en cause. En 1517, Martin Luther, un moine allemand publie ses "95 thèses", un pamphlet dirigé contre le pape et le fonctionnement de l'Eglise catholique. Luther est à l'origine de la création d'une église dissidente à l'Eglise catholique, l'Eglise réformée. On parle aussi de protestants.

En France, il est rejoint par Jean Calvin, le fondateur du calvinisme. Calvisme et luthéranisme sont les deux plus grands courants du protestantisme.  




L'émergence du protestantisme provoque la division de l'Europe entre territoires gagnés par la Réforme et territoires fidèles au Pape et à la religion catholique. En France, le protestantisme est réprimé et ne se développe qu'à partir de 1540 sous la férule d'un réformateur Français, Jean Calvin. Les Calvinistes (aussi appelés Huguenots) sont pourchassés par le pouvoir royal mais la Réforme se répend malgré tout. En 1562, la rivalité entre Protestants et Catholiques dégénère en guerre civile, à la faveur d'un pouvoir royal affaibli par l'instabilité du pouvoir royal. Le point d'orgue des guerres de religion est le massacre de la Saint-Barthélemy, massacre de protestants déclenché à Paris, le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, qui se propage dans toute la France et qui dure plusieurs mois. En 1598, avec l'avènement d'Henry IV et la signature de l'édit de tolérance ou édit de Nantes, les guerres de religions prennent fin. 

La Saint-Barthélémy, tableau de François Dubois (1529 - 1584)

Par ailleurs, en France à la Renaissance, le pouvoir royal s'affirme et se concentre. Le pouvoir des grands féodaux (les nobles les plus riches) s’affaiblit à la suite des guerres de religions (1562-1598) mais aussi du développement d'armée professionnelle bien équipée en artillerie que les grands princes (en premier lieu les rois) peuvent, seuls, financer. 

Le canon à l'effigie de Frédéric de Montbéliard, duc de Wurtemberg (XVIe-XVIIe siècle)

L'apparition des forteresse et la disparition des châteaux-forts

1519-1545 : François Ier supervise les travaux de Chambord. 



Les rois gouvernent désormais depuis de véritables palais.