EMC AXE 1 : FONDEMENTS, ORIGINES ET EXPÉRIENCES DE LA DÉMOCRATIE

 EMC AXE 1 : FONDEMENTS, ORIGINES ET EXPÉRIENCES DE LA DÉMOCRATIE


  1. Les origines grecques de la démocratie.



Les gradins de la colline de la Pnyx où se réunissaient les citoyens athéniens pour les sessions de l'Ecclésia.


La première expérience bien documentée de démocratie en Europe, est la démocratie athénienne (autour de la ville d’Athènes en Grèce) et particulièrement son fonctionnement, sous la direction du stratège (chef) Périclès, au Vème siècle avant Jésus-Christ.


  1. Le fonctionnement de la démocratie athénienne.


Schéma présentant le fonctionnement de la démocratie athénienne au Vème siècle avant Jésus-Christ. 


Questions : 

  1. Cherchez le sens du mot ostracisme.

  2. Citez les institutions visibles et leurs rôles. 

  3. Quelle structure est au centre de la démocratie athénienne et a le plus de pouvoir ?

  4. Pourquoi peut-on parler de démocratie directe ?


Dans la cité d’Athènes, les citoyens actifs dans la vie politique de la cité sont uniquement les hommes libres, nés de deux parents athéniens, les femmes transmettant la citoyenneté de façon passive, sans participation aux institutions. 


  1. Les principes de la démocratie.


Les principes de la démocratie posés à Athènes au Vème siècle avant Jésus-Christ restent pour beaucoup les principes de base de nos démocraties occidentales. 


Ce sont : 

  • L’iségorie : c'est l'égalité de parole (chacun doit pouvoir parler et être écouté dans les mêmes conditions, de temps, d’importance). 

  • L’isonomie : égalité de partage (des butins, des impôts).

  • L’isogonie : égalité d’accès au droit des citoyens.


Par contre, pour exercer la citoyenneté, les citoyens athéniens doivent suivre une période d’initiation politique, sociale et militaire : l’éphébie


Également, certaines charges publiques ne sont accessibles qu’aux citoyens les plus riches, ce n’est pas le cas aujourd’hui. 


Et enfin, contrairement à la France contemporaine, les citoyens touchent un salaire, le misthos, largement critiqué comme “favorable à l’oisiveté” déjà chez l’auteur de comédies athénien, Aristophane (né en 440 avant Jésus-Christ, mort en 480 avant Jésus-Christ). 


Un extrait des Suppliantes d’Eschyle (525 av. J.-C., mort en 456 av. J.-C.) : 

Danaos : Ayez bon courage, enfants ! Les citoyens nous sont propices. Le peuple a décidé et décrété.

Le chœur : Salut ! Vieillard, le plus cher des messagers ! Mais dis-nous quel décret a été rendu et de quel côté le peuple a levé le plus de mains.

Danaos : Il a plu aux Argiens de ne point se diviser et mon vieux cœur a rajeuni car l'Éther s'est hérissé des mains droites levées de tout le peuple.


Questions : 

  1. Qui décrète et décide à Argos ? 

  2. Par quel moyen votent les citoyens argiens ?

  3. Pourquoi peut-on dire que la cité d’Argos, comme Athènes est démocratique, mais, néanmoins, quelle critique peut-on faire du vote à Athènes et à Argos ?


Travail oral :
La démocratie aujourd'hui : Principes, valeurs, menaces ?

Discours d'investiture comme vice-présidente de Kamala Harris :

Pour aller plus loin :

LA CONSTRUCTION DE LA NOTION DE PATRIMOINE : DE LA TRANSMISSION LIGNAGÈRE PATRIMONIALE ENTRE INDIVIDUS À L’HÉRITAGE CONSTRUIT AU PROFIT DES GROUPES HUMAINS, VOIRE DE L’HUMANITÉ

Terminale HGGSP

Identifier, valoriser et gérer le patrimoine



LA CONSTRUCTION DE LA NOTION DE PATRIMOINE : 

DE LA TRANSMISSION LIGNAGÈRE PATRIMONIALE ENTRE INDIVIDUS À L’HÉRITAGE CONSTRUIT AU PROFIT DES GROUPES HUMAINS, VOIRE DE L’HUMANITÉ 


  1. Une notion de plus en plus large


A - Témoignages antiques. 


Le  patrimoine  est  avant  tout  une notion  juridique  et  individuelle. La notion de patrimoine désigne d’abord la transmission  d’un ou plusieurs biens  par  héritage  au  sein  d’une  famille d’une génération à une autre, de mâle en mâle. La notion de patrimoine prend rapidement une dimension immatérielle, ce sont les savoirs transmis de père en fils ou de mère en filles, mais aussi des droits, des prérogatives. On peut ainsi citer l’épisode biblique de la vente par Esaü de son droit d'aînesse à son frère Jacob. Dans la noblesse européenne, il ne concerne que les enfants mâles, premiers nés.


La scène tissée représente le passage de la Genèse (XXV, 29-34) qui concerne les jumeaux d’Isaac et de Rébecca, Esaü et Jacob. Lors de cet épisode biblique Esaü, de retour épuisé des champs, consent à vendre à son frère Jacob son droit d’aînesse contre un plat de lentilles.


Parallèlement, certains biens et certains sites, du fait de leur caractère sacré le plus souvent, échappent à la transmission familiale pour intégrer un patrimoine collectif, protégé, par exemple, par une congrégation. Ainsi les reliques chrétiennes collectées par le roi Saint-Louis sont présentées à la vénération des fidèles dès leur arrivée en France et conservées jusqu’en 1804 sur l’île de la cité, au sein de l’église Notre-Dame puis dans la chapelle royale où là encore elles sont exposées. Ce qui n’empêchera pas leur vente partielle par la couronne au fil de l’Ancien Régime. Comme les régalias, ces objets sont liés à une dimension sacrée. 


Le site d’Uluru, en Australie, est protégé depuis au moins l’an 1000 par les populations aborigènes en Australie. Le mont Fuji au Japon. 


Dans la Rome antique, certains lieux emblématiques de la cité furent protégés de la destruction ou d’une trop forte dénaturation du fait de leur caractère sacré mais aussi politique, comme la grotte du Lupercale, mise en valeur par l’empereur Auguste ou la tribune des rostres, ou étaient alignés les rostres de proue des navires vaincus par la flotte romaine. Les Rostres (rostra, pluriel du latin rostrum) sont, à Rome, à partir de 338 avant notre ère, un ensemble de tribunes servant de lieu aux harangues publiques des magistrats et des divers orateurs surtout de l’époque républicaine.

 

    La grotte du Lupercale



B - En Chine, une notion ancienne


En Chine, le terme “yichan” existe sous les dynasties du Sud (420-589), pour désigner « les biens laissés par les morts ». Le concept originel de « patrimoine » (yichan) traduit donc une relation de succession, c’est-à-dire, les biens et les droits hérités des ancêtres. 


Le mot souligne la matérialité des biens légués. En Chine, c’est seulement à l’époque moderne que son sens s’est étendu de la sphère matérielle au « culturel » et à l’immatériel. 


À l’époque des Ming (1368–1644), Dong Qichang (1555-1636) dans le Gudong shisanshuo (Treize discours sur les antiquités) précise que « les objets anciens extraordinaires sont considérés comme les gudong […], le gu (os) conserve l’essence du passé, comme l’os reste le même lorsque la viande se décompose ; le dong est à connaître et à appréhender. Ainsi, le gudong, consiste bien à comprendre l’essence laissée par les anciens ». En liant les divers objets anciens avec un essai de connaissance de l’essence des périodes anciennes. Les lettrés de la période Ming montre leur intérêt pour les temps anciens et les objets que ces temps leur ont transmis. 


En 1906, le ministère des Affaires civiles du gouvernement des Qing crée un nouveau département Yingshansi en le chargeant de la préservation des guwu et guji (les objets anciens et les vestiges) : c’est le début de la protection « patrimoniale » chinoise au sens moderne. Puis le gouvernement des Qing en 1909 promulgue le premier décret visant à protéger les « reliques culturelles » : il s’agit des règlements pour promouvoir la préservation du monument historique (guji) (Baocun guji tuiguang banfa), sous la tutelle du Ministère des affaires civiles. La mise en place des mesures demande à toutes les préfectures et aux comités de mener des investigations sur la distribution, la typologie, les contenus et le niveau de protection des guji (« monuments historiques ») et des guwu (« objets anciens ») dans les territoires, afin d’établir des fiches. C’est la première fois dans l’histoire de la Chine que l’inventaire des « reliques culturelles » est organisé officiellement au niveau gouvernemental. Il faut comprendre que l’Empire chinois a connu depuis la Première Guerre de l’Opium (1839-1842), puis la Seconde Guerre de l’Opium (1856-1860) de nombreuses menaces sur son patrimoine (dont le sac du palais impérial “d’été” le 18 octobre 1860).


Aujourd'hui, la destruction de l’ancien Palais d'Été est encore considérée comme le symbole de l'agression et de l'humiliation infligées à la Chine par l'Alliance franco-britannique. Y sont placés une statue de Victor Hugo et un texte qu'il avait écrit pour s'élever contre Napoléon III et les destructions de l'impérialisme français, rappelant que ce sac n’était non pas le fait d'une nation, mais celui d'un gouvernement.


Le concept de « patrimoine culturel » (wenhua yichan) est apparu en 1985 au moment où la Chine a adhéré à la Convention internationale sur la protection du patrimoine culturel et naturel. Pourtant, le mot le plus utilisé dans les documents officiels et juridiques, est le mot wenwu (pour “reliques culturelles”). Le patrimoine est désormais laïc, culturel et naturel, et matériel ou immatériel.


C - Retour à la Renaissance européenne.


En Europe, les premières collections d’oeuvres d’art à visée patrimoniale apparaissent la   Renaissance,  et ces   premières   collections   artistiques ne concernent qu’une partie des élites aristocratiques qui accumulent tableaux et sculptures dans le but de collecter des modèles servant le renouveau de l’art mais aussi mettre en scène leur richesse et leur pouvoir. Jules II, pape de 1503 à 1513 fit construire dans son palais du Belvédère, au fond des jardins du Vatican, une «cour des statues». Cette cour fut le premier noyau du musée du Vatican et Jules II fut ainsi le premier souverain à ouvrir ses collections au public. Le patrimoine devient laïc, et partagé. 


La collection est dévoilée en 1506. L’une des premières pièces emblématiques de la collection est un marbre antique, le groupe du Laocoon qui fut découvert à côté du Colisée.


Sur les conseils de Michel-Ange, Jules II se porta immédiatement acquéreur, pour une somme exorbitante, de cette sculpture mythique que le sculpteur Michel-Ange restaura. 


Le groupe retrouvé à l’époque était incomplet. Ce n’est qu’en 1905 que Ludwig Pollak découvre le bras droit du sujet principal, manquant, qui fut recollé à la statue lors d’une restauration en 1957-1960.


Ce groupe de marbre était déjà très célèbre dans l’Antiquité. Il évoque un passage de la légende du cheval de Troie. Laocoon, prêtre troyen de Poséidon, avait mis en garde ses concitoyens contre le cheval de bois offert par les Grecs. Deux monstrueux serpents le tuèrent, ainsi que ses fils, pour empêcher que la ruse des Grecs ne soit trahie. Les Troyens attribuèrent leur mort à un châtiment divin. Ils firent entrer le cheval géant dans leur ville. C’est alors que de ses flancs, les Grecs sortirent pour détruire la cité.


À  l’époque  moderne,  les  voyages  et la  diffusion  de l’imprimerie  contribuent  à  diffuser un nouveau regard sur l’Antiquité qui devient un modèle à suivre pour les artistes de l’époque, on parle d’Anciens, qui s’opposent au XVIIème siècle aux Modernes, privilégiant l’innovation. Il naît alors un  nouveau  regard  sur  les  traces  du  passé.  


Le phénomène de patrimonialisation se met alors en place, les œuvres anciennes doivent être conservées comme modèles, et même restaurées pour rendre compte des gloires passées. 


Le groupe du Laocoon


La domus aurea, palais de Néron redécouverte au XVIème siècle. 


Les  traces  du  passé  les plus emblématiques constituent désormais un  bien  commun,  support d’une mémoire collective, exigeant sa conservation pour les générations futures. Il s’universalise. 


  1. Une notion juridique. 


Le patrimoine se retrouve alors protégé par la loi. Dans ce cadre, la Révolution française  constitue  un  tournant. Après les destructions des années 1789 à 1794, où sont détruits les statues de la façade de Notre-Dame, ou la statue d’Henri IV du Pont-Neuf à Paris, un élu de la Convention contribue  à  une  prise de  conscience  de  la  valeur  esthétique,  et historique du patrimoine national, en effet, l’abbé Grégoire démarre une campagne de recensement des biens du Clergé devenus biens nationaux et des destructions dont certains biens ont fait l’objet. Le 31 août 1794, l’Abbé Grégoire fait paraître son Rapport sur les destructions opérées par le Vandalisme, et sur les moyens de le réprimer, ouvrant la voie à la création des monuments historiques. 


Le processus s’institutionnalise au XIXe  siècle  et naissent alors, particulièrement sous la Restauration (1815-1848) des  politiques  de  recensement, de conservation  et  de  restauration. En 1837 naît l’Inventaire Général des Monuments  Historique créé par Prosper  Mérimée, soutenu par Georges Sand qui a sauvé la tapisserie de la Dame à la Licorne. Eugène Viollet-le-Duc dirige la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris à partir de 1844. Malheureusement, les travaux menés sous la direction de Viollet-le-Duc dénature parfois certains sites, les restaurations tournant souvent à la dénaturation des bâtiments. 


En France, la base légale de la protection des biens patrimoniaux est la loi sur le patrimoine de 1913. Cette loi sera complétée par la loi Malraux de 1962, elle permet le classement et la protection de secteurs urbains sauvegardés et non plus seulement des biens mobiliers et des monuments. Ainsi André Malraux sauve les hôtels particuliers du Marais à Paris, et également le centre ville de Sarlat (en Dordogne).


Le centre ville de Sarlat, qui concentre beaucoup de bâtiments datant du Moyen-Âge. 


3.Aujourd’hui, une notion mondiale. 


De nombreux biens matériels dans le monde sont inventoriés et inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (une agence de l’ONU) après un processus de sélection et de classification dans chacun des États parties à la Convention du patrimoine mondial de 1972. En 2022, la liste compte 1154 biens matériels, culturels et naturels, dont plus de 500 biens  immatériels répartis dans 167 États du monde parties de la convention de 1972. La caractéristique la plus originale de la Convention de 1972 est de réunir dans un même document les notions de protection de la nature et de préservation des biens culturels. La Convention reconnaît l’interaction entre l’être humain et la nature et le besoin fondamental de préserver l’équilibre entre les deux.


Ce patrimoine très divers suppose une protection et une mise en valeur des biens, l’UNESCO parle des les « 5 C » : 

1 - La crédibilité : renforcer la crédibilité de la Liste du patrimoine mondial en tant que témoignage représentatif, géographiquement équilibré, des biens culturels et naturels de valeur universelle exceptionnelle.

2 - La conservation : assurer la conservation efficace des biens du patrimoine mondial.

3 - (Développement des) capacités : promouvoir la mise en place de mesures efficaces assurant le développement des capacités d’action, pour favoriser la compréhension et la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial et des instruments associés, y compris par l'aide à la préparation de propositions d'inscription de biens sur la Liste du patrimoine mondial.

4 - La communication : développer la communication pour sensibiliser le public et encourager sa participation et son appui au patrimoine mondial.

5 - (Soutien aux) communautés : valoriser le rôle des Communautés dans la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial.


L’inscription sur la liste provoque souvent une attractivité croissante des biens, car l’inventaire est souvent compris comme un gage d’authenticité et d’exceptionnalité des sites sauvegardés. Néanmoins, des tensions liées à la gestion peuvent apparaître. Le développement d’infrastructures d’accueil peut le dénaturer et créer des tensions  entre l’échelle locale et mondiale, ainsi des conflits d’usages sont nés autour du classement de la médina de Fès, conflits mis en évidence par Manon Istasse. Des tensions  géopolitiques  peuvent voir le jour, du fait de la concurrence entre États pour la reconnaissance d’un patrimoine qui peut être partagé (comme la colline sacrée de Jérusalem revendiquée par deux États et trois communautés religieuses). Des querelles au sujet de « qui possède le passé » ont également surgi à travers les pays du monde. 


En février 2022, le président béninois Patrice Talon a inauguré une exposition historique et hautement symbolique à Cotonou, la capitale du Bénin, où les trésors royaux du Bénin restitués au gouvernement béninois par le gouvernement français en novembre 2021 étaient exposés, 129 ans après leur vol.


Pour aller plus loin : Le patrimoine mondial est-il à tout le monde ? de l'anthropologue Manon Istasse : https://journals.openedition.org/terrain/16592?lang=en

Une sélection d’article scientifiques sur le sujet : 

https://www.erudit.org/fr/revues/ethno/2017-v39-n1-ethno03943/

Ressources en ligne UNESCO sur le patrimoine mondial : https://whc.unesco.org/fr/apropos/


LA SECONDE GUERRE MONDIALE - UNE GUERRE D’ANNIHILATION? (PARTIE I) - TERMINALES GENERALE 2022-2023

 LA SECONDE GUERRE MONDIALE - UNE GUERRE D’ANNIHILATION?

 

1/ Les origines de la Seconde Guerre mondiale : révisionnisme des pays vaincus lors de la Première Guerre mondiale et convergence de conflits régionaux d'annexion. 


A/ Les prémices (1935-1939).

 

Nous l’avons vu, le gouvernement italien qui s'était engagé aux côtés de l'Entente (les Alliés) en 1915 n'a pas obtenu satisfaction lors de l'armistice de 1918, l’Italie ne reçoit pas les gains territoriaux attendus. 


Benito Mussolini intègre aux thèses fascistes l’idée d’une expansion du territoire italien très tôt, mais c’est surtout à partir de 1935, avec le lancement de la seconde guerre (dite d'Abyssinie) par le régime fasciste contre l'Ethiopie. En 1935 l'Italie, qui a colonisé l'Érythrée à partir de 1869 se lance en effet dans la conquête de l’Éthiopie, pays indépendant dirigé par le Négus Haïlé Sélassié Ier


En Asie, en 1937, le Japon qui occupe entièrement la Corée depuis 1905 se lance dans la conquête du Nord de la Chine.

 

En Europe centrale, l'Allemagne nazi se lance dans une politique de conquête des territoires peuplés de minorités ou à majorité germanophones et ou d'ethnies germaniques.


Pour mener à bien ce projet, la conscription est introduite par les Nazis le 16 mars 1935 en violation du Traité de Versailles. Les effectifs de l'armée allemande sont augmentés à plus de 500 000 hommes. Parallèlement, d’immenses crédits sont votés pour reconstituer une armée allemande puissante et plus largement mécanisée. 


La kriegsmarine lance la construction de croiseurs de 26 000 tonnes et de sous-marins (c’est le plan Z). 

De nouvelles usines d’armement sont créées pour fabriquer des chars comme le Panzer I. 

La Luftwaffe (armée de l'air) est officiellement recréée à partir du 11 juin 1935. Elle reçoit dans l’année ses premiers Heinkel 111, performants bombardiers.


Un Heinkel 111 en 1935 sans doute sur un aérodrome allemand. L’avion, un bombardier ultra performant, sera utilisé tout au long du conflit. La légion Condor, en Espagne, utilisera massivement le Heinkel 111. 


De 0,91 millions de Reichsmark en 1933, les dépenses allemandes pour l’armement sont augmentées à 38, 6 millions de Reichsmarks (inflation corrigée) en 1938 ! 


Hitler dénonce le traité de Versailles mais aussi les traités ayant aménagé celui-ci. Ainsi, contrairement aux dispositions du Traité de Locarno de 1925, par lequel le gouvernement allemand reconnaissait à la fois l'inviolabilité de ses frontières Ouest (avec la France le Luxembourg, la Hollande et la Belgique) et la démilitarisation de la Rhénanie, Hitler dénonce le traité et 7 mars 1936 et ordonne à l'armée allemande (renommée Wehrmacht) d'entrer en Rhénanie démilitarisée. 


Cette décision d'Hitler est fermement condamnée par la Grande-Bretagne et la France, mais aucune des deux puissances n'intervient.


Le 12 mars 1938, c'est l'Anschluss. L'armée allemande entre en Autriche. Là encore, Hitler empêche toute expression démocratique. Après un ultimatum lancé au gouvernement autrichien autoritaire de Kurt Schuschnigg, qui refuse l’annexion, le pays est incorporé à l'Allemagne. 


L’Autriche, déstabilisée économiquement et politiquement par des agents allemands depuis 1934 et abandonnée par les Alliés et l’Italie qui s’est associée à l’Allemagne via la signature du traité de l’Axe Rome-Berlin (le 1er novembre 1936) disparaît.  

 

Du 29 au 30 septembre 1938, c'est la conférence de Munich, où les puissances anglaises et françaises acceptent le démembrement de la Tchécoslovaquie : en octobre les Sudètes sont occupés par l'Allemagne, en mars 1939 la Bohême-Moravie est occupée et la République slovaque inféodée. En parallèle, la Pologne et la Hongrie occupent une partie de la Slovaquie.

 

Hitler annexe également le territoire de Memel en mars 1939 après un ultimatum imposé à la Lituanie.  

 

1. Présentez le document.

2. Interprétez-le. Quel est le message de ce document?


B / La consolidation des alliances (1937-1939).


Le 19 janvier 1937, le gouvernement de l'Empire du Japon avait dénoncé le traité naval de Washington qui limitait la taille et l'armement de sa marine et s’était lancé dans une remilitarisation effrénée sur modèle de la remilitarisation allemande. 


Le 1 novembre 1935 Hitler et Mussolini avaient signé le traité d’alliance de l’Axe Rome-Berlin, le 6 novembre 1937 Mussolini et Hitler lance le pacte anti-Komintern opposé à l’URSS. Le régent de Hongrie Miklós Horthy signe à son tour le 25 février 1939 puis l'Espagne de Franco le 27 mars 1939. Les alliés de l’Axe se mettent en place. 


2. LA SECONDE GUERRE MONDIALE : LE DÉROULÉ DES OPÉRATIONS


A / Des combats dès 1936. 


Le général Francisco Franco, qui lutte pour le pouvoir depuis le 17 juillet 1936 contre le gouvernement républicain est vainqueur le 1er avril 1939 grâce à l'aide de l'Italie et surtout de celle de l’Allemagne d’Hitler. Si la guerre d'Espagne cesse le 1er avril 1939 et si la monarchie est sauvée, c’est via l'instauration d'un régime autoritaire à Madrid.


Le Reich allemand appuie entre autres l’armée du général Franco grâce à la légion Condor. Cette escadrille envoyée par l’Allemagne est responsable de plusieurs crimes de guerre en Espagne dont le bombardement de la petite ville basque de Guernica le 26 avril 1937. Les démocraties européennes, là encore, n’interviendront pas.


Au mépris de l’attentisme des gouvernements démocrates européens, des individus s’engagent néanmoins pour l’Espagne républicaine. On peut citer André Malraux, qui en tirra un roman, L’Espoir, publié en 1937, ou encore Ernest Hemingway qui publie en 1940, Pour qui sonne le glas. Ces hommes participeront à la formation des Brigades internationales, des collectifs de volontaires étrangers qui lutteront aux côtés des républicains. Malheureusement, leur rôle s’effacent après l’arrivée de l’aide soviétique qui est conditionnée à une soviétisation de l’armée espagnole républicaine. Les envoyés du NKVD éliminent alors physiquement les éléments anarchistes et socialistes opposés au stalinisme.  



Carte postale célébrant l'alliance du Japon, de l'Allemagne et de l'Italie (vers 1939).


En Asie, les combats ont commencé dès le 7 juillet 1937 après l’incident du pont Marco Polo, une manipulation militaire japonaise. En novembre, après trois mois de combats intenses, les troupes japonaises occupent la ville de Shanghaï (200 000 soldats chinois et 70 000 soldats japonais y perdent la vie, plusieurs dizaines de milliers de civils chinois y trouvent la mort). 

Troupes japonais débarquant dans les environs de Shanghai en 1937.



B/ 1939-1942 : Une expansion de l'Axe qui semble inexorable.

 

Avril 1939 : l'armée italienne envahit l'Albanie qui devient territoire italien. 

22 mai 1939 : Signature à Berlin du Pacte d'acier, l'Allemagne et l'Italie sont désormais alliées dans l'idée d'une guerre offensive. 

23 août 1939 : après l'échec des négociations entre les représentants de l'Angleterre, de la France et de l'URSS, Von Ribbentrop et Molotov, les ministres des affaires étrangères du Reich et de l'URSS signé à Moscou un pacte de non-agression, le Pacte germano-soviétique, d'une durée de dix ans. Un protocole secret additionnel trace les zones d’influence soviétique et allemande en Europe de l’Est actant le partage de la Pologne en cas de guerre.


Le 31 août 1939 est déclenchée l'Opération Himmler, un simulacre d'opération polonaise de prise de contrôle de la tour hertzienne de Gliwice, près de la frontière polonaise, prétexte à l'invasion de la Pologne et dont l'ordre d'invasion a déjà été signé par Adolf Hitler.


C / Guerre à l'Est et guerre à l'Ouest.


Le 1er septembre la Wehrmacht franchit la frontière polonaise. Malgré des épisodes de défense flamboyants, comme la résistance de la garnison de Varsovie, dont témoignera le colonel polonais Stanislas Ordon dans son livre, publié en France en janvier 1940 Le siège de Varsovie. Journal de guerre d'un combattant, la Pologne est vaincue en 36 jours. 


Les gouvernements de France et d'Angleterre, malgré leurs déclarations de guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939 et la mobilisation générale, n'ont pas lancé d’offensive, mise à part une offensive sur la Sarre très réduite, et qui se replie en octobre 1939 !  


Les appels au secours du gouvernement polonais sont restés sans effet.


Les mots de Wiston Churchill prononcés au retour de la délégation de Munich : "Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre" sont alors vérifiés.


L'hiver se passe sur le Rhin sans autres combats que quelques escarmouches, quelques combats sur mer ont également lieu, c'est la "Drôle de guerre"


Les troupes françaises attendent retranchées pour partie derrière la ligne Maginot.


Par contre, en Scandinavie, le gouvernement de l’URSS, souhaitant élargir ses territoires de Carélie, déclare la guerre à la Finlande, c'est la "guerre d'hiver" du 30 novembre 1939 au 13 mars 1940 ou guerre soviéto-finlandaise. La guerre est marquée par la résistance des troupes finlandaises, qui luttent parfois à 1 contre 200. Les pertes de la bataille de Suomussalmi, où 23 000 soldats soviétiques sont tués pour seulement 800 combattants finlandais, en témoignent ! Le sniper et franc-tireur Simo Häyhä surnommé “la mort blanche” par les soldats soviétiques totalise à lui seul 542 victoires homologuées, deux cent de plus demeurent non homologuées. La campagne est marquée par le courage et l’inventivité des troupes et francs-tireurs finlandais qui inventent par exemple le cocktail Molotov dont le but est de rendre inopérants les chars soviétiques en mettant le feu à leurs moteurs. Cette arme de fortune est nommée en l’honneur du ministre des affaires étrangères de Staline, artisan et partisan de la guerre avec la Finlande. 

 

Prenant conscience de la faiblesse soviétique, mais aussi de l'indécision des Alliés de l'Ouest qui mettent énormément de temps à réagir (la majorité du matériel envoyé par la France arrive en Finlande après la fin de la guerre) Hitler décide l'invasion du Danemark et de la Norvège, le 9 avril 1940, c'est l'opération Weserübung. 


Norvège et Danemark sont rapidement occupés, et cela malgré l'opération Narvik menée par la France et l'Angleterre pour occuper les ports de Norvège et des combats de résistance se poursuivront jusqu'en juin 1940. 


Le gouvernement norvégien se déporta alors à Londres où la famille royale avait fui et en premier lieu le roi Haakon VII de Norvège. Le nazi occupe la Norvège avec l'appui d'un parti fasciste norvégien (le "Rassemblement national" ou "Nasjonal Samling") dirigé par  Vidkun Quisling.


Le 10 mai 1940 le haut-commandement de la Wehrmacht, victorieux à l'Est, redéploie ses troupes vers l'Ouest. Dès le 10 mai, la technique allemande de blitzkrieg est engagée contre les lignes françaises, c’est la campagne de France. Celles-ci sont très vite rompues et le pays envahi. La Belgique tombe rapidement après l'action des parachutistes de la Wehrmacht les Fallschirmjäger.

Le 13 mai 1940 Winston Churchill déclare à la Chambre des communes du Royaume-Uni : « Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, du travail, des larmes et de la sueur. » Les troupes britanniques ont envahi l’Islande le 10 mai 1940 pour sécuriser l'Atlantique Nord.

 

Hitler pose avec les membres du 'Sturmabteilung Koch' en 1940.


En quelques semaines, du 10 mai au 20 juin 1940 les armées françaises et britanniques sont vaincues. 


Quelles sont les causes de la défaite franco-britannique du printemps 1940?  


L'ensemble constitué par l'armée française et l'armée anglaise additionné est plus faible numériquement que l'armée allemande. Par ailleurs, les forces de la Wehrmacht ont su mettre en place lors de la campagne de Pologne une technique de combat rapide basée sur des mouvements de troupes motorisées contre laquelle l'armée de française de la "Drôle de guerre" peine à réagir efficacement. Le haut commandement français compte encore sur un front statique et organisé comme en 1918. Les régiments français, mêmes ceux d'élite comme les spahis s'appuient encore largement sur la force motrice du cheval y compris pour les unités combattantes. L'armée française de 1939 ressemble encore largement à l'armée française de 1918. Et si un armement moderne (comme le char Renault 1935 (R35)) existe, cet armement est cantonné à un rôle de soutien d'infanterie qui empêche toute initiative et rapide contre-attaque. Si les troupes allemandes comptent elles aussi sur la force motrice du cheval, les chariots hippomobiles allemands sont largement allégés par l’emploi de remorques à roues équipées de pneumatiques qui fatiguent moins les chevaux et sont plus efficaces, les unités de têtes sont entièrement mécanisées. 


Par ailleurs, les unités de pointe des panzergruppen sont entièrement mécanisées et peuvent donc avancer de plusieurs dizaines de kilomètres par jour, jusqu’à soixante-dix kilomètres par jour ! Les Allemands multiplient les surprises, provoquent des combats interarmes qui leur sont favorables (chars contre cavalerie, chars contre infanterie). L’adoption d’un commandement décentralisé est rapidement privilégiée par Hitler, il permet côté allemand la prise d’initiatives des cadres subalternes, jusqu’aux sous-officiers. Le général Heinz Guderian, promoteur de l’arme blindé allemande, peut ainsi jeter ses panzers vers la Manche sans retenue. Il y gagnera le surnom d’Heinz « le rapide ». 

L’aviation allemande est par ailleurs engagée en masse, plus de 1200 avions allemands sont détruits en un mois de campagne, bien plus que les 600 avions français mis hors d’usage. 


Les aéronefs de la Luftwaffe sont utilisés en nombre et détruisent en quelques jours la quasi-totalité des nœuds ferroviaires du Nord de la France. Les avions allemands et italiens mitraillent par ailleurs les convois sans distinction de types, de nombreux convois et de trains civils sont mitraillés. 


Un groupe motorisé allemand en France en 1940. 


Pour parler crûment, l’armée française manque de décision et se déplace trop lentement. 


D / Une guerre déjà inhumaine ?


Un autre élément aujourd’hui mis en avant par l’historiographie anglo-saxonne est la brutalité des troupes de l’Axe. 


Il a été mis en évidence que les unités allemandes et italiennes ont multiplié les crimes de guerre pour ouvrir la route de la Manche. La débâcle a en effet dès le 10 mai 1940 jeté sur les routes françaises des milliers de civils, c’est l’Exode. 


Ces convois de civils vont contraindre les déplacements de troupes des Alliés français, belges et Anglais. 


Au contraire, de nombreuses unités de l’Axe n'hésiteront pas à tirer sur les convois civils pour vider les routes encombrées devant elles. 


Par ailleurs, certaines unités allemandes engagées (comme la division SS Totenkopf) multiplient les crimes de guerre contre les civils, comme à Lille et Arras, ou les officiers et soldats noirs de l’armée française (on peut citer Charles N'Tchoréré, officier français originaire du Gabon, exécuté d’une balle dans la tête devant ses hommes après s’être opposé à la séparation des soldats blancs et noirs de l’unité, mais aussi en raison des brimades imposées aux soldats noirs lors de leur reddition (reddition intervenue après avoir utilisé toutes leurs munitions). Son corps, après son exécution, sera profané par les soldats allemands qui rouleront dessus avec un char.



 Un R35 dans un musée israélien en 2010.

 

On peut néanmoins noter quelques épisodes glorieux comme la mise en échec de l’armée italienne sur le front des Alpes en juin 1940. Certaines troupes aguerries ont également donné du fil à retordre à l’armée allemande. À Stonne dans les Ardennes, du 15 au 27 mai, les Français enfoncent le flanc de l’offensive allemande après la percée allemande de Sedan. Le village de Stonne sera pris et repris au moins 17 fois par les Allemands et par les Français, mais ceux-ci ne peuvent exploiter leur succès dans une armée qui s'effondre. Lors de la bataille de Stonne, on dénombre près de 26 500 pertes (dont 3 000 tués), côté allemand pour 7 500 Français hors de combat, dont près de 1 000 tués. L'armée française, au prix de sacrifices importants, retarde dans le Nord, comme à Bouchain, lors de la bataille de l’Escaut les troupes allemandes. Les fantassins du 45ème régiment d’infanterie stoppent entre le 21 et le 26 mai la progression de la Wehrmacht. Dans Lille, six divisions d’infanterie de la 1re armée retardent jusqu’au 1er juin l'entrée des Allemands dans la ville, favorisant ainsi l'embarquement des troupes anglo-françaises de Dunkerque. Célèbre également, la résistance des spahis à La Horgne le 15 mai 1940 ou les “cadets” de Saumur, élèves officiers, sur la Loire, du 18 au 20 juin 1940.


Sur l’Oise, où sur la Loire, les troupes françaises stoppèrent parfois plusieurs jours les forces allemandes. Mais privées des moyens de contre-offensive, ces coups d’éclat ne suffisent pas à éviter le désastre. 

 


 

Un spahi marocain en 1940. Face aux obusiers lourds, aux dizaines de panzers III, aux panzers IV et à l'infanterie motorisée allemande, les spahis français ne disposent que d'un canon de 37mm modèle 1916 et deux petits canons anti-chars, pourtant, ils tiennent le village toute la journée du 15 mai. Selon la légende, les derniers éléments de la 3e brigade auraient chargé les chars allemands à cheval, les officiers sabres au clair. 

Le carré militaire du cimetière de la Horgne où reposent au milieu de leurs spahis les deux chefs de corps de la 3eBS les colonels Emmanuel Burnol et Émile Geoffroy.


Après le "coup de faucille" du Maréchal Guderian, le gros des troupes françaises et britanniques est isolé dans le Nord de la France. La poche de Dunkerque tombe le 4 juin mais 350 000 soldats (majoritairement britanniques) ont pu gagner l'Angleterre. 

 

Le 20 juin les Allemands sont à Brest, le 24 à Bordeaux. Lyon a été atteint le 20. 

Le 22 juin 1940, le maréchal Pétain, qui appelait à l'arrêt des combats depuis le 17 juin, signe l'armistice. 

 

Le bilan de la campagne de France est terrible : 70 000 soldats français sont tués, 300 000 blessés, et 1 800 000 sont prisonniers. Par ailleurs, l'exode massif des civils face à l'avancée allemande a jeté 6 000 000 de français, hommes, femmes et enfants sur les routes. Le pays s'est effondré.